| La
marge Valeur subjective ou pas, il n’en demeure pas moins que le diamant vaut très cher alors qu’il ne sert pas à grand-chose tandis que l’eau ne coûte pratiquement rien alors que cela permet aux acheteurs et aux vendeurs de diamants de rester en vie. Les prix du marché libres sont peut être justes mais ils sont surtout absurdes. Cette absurdité apparente a beaucoup compliqué la vie des économistes du XIX eme siècle jusqu’à ce que trois d’entre eux (Menger, Jevons, Walras) fassent séparément la même découverte. Une découverte révolutionnaire et qui pourtant parait évidente : Personne, dans la vie réelle, n’a le choix entre entre les diamants en général et l’eau en général. Les choix s’effectuent entre des unités de diamants (des carats) ou des unités d’eau (des litres) prises une à une. « Ce n'est que tardivement que les économistes découvrirent que le paradoxe apparent découlait d'une formulation fautive du problème impliqué. Les évaluations et choix qui se traduisent par les termes de l'échange sur le marché ne décident pas entre le fer et l'or. En agissant, l'homme n'est pas dans la situation où il aurait à choisir entre tout l'or et tout le fer. Il choisit en un temps et un lieu définis, dans des conditions définies, entre une quantité strictement limitée d'or et une quantité strictement limitée de fer. La décision en choisissant entre l00 onces d'or et l00 t de fer ne dépend en rien de la décision qu'il prendrait dans la situation hautement improbable où il aurait à choisir entre tout l'or et tout le fer. » Ludwig Von Mises - Action Humaine |
|
||
| La marge - page 44 |
| Le
calcul marginal Le calcul à la marge est donc la méthode que nous utilisons assez intuitivement à l’échelle individuelle à chaque arbitrage implicant des biens ou des services segmentables en sous unités.. Ainsi au lieu de comparer la totalité des gains avec la totalité des dépenses, nous évaluons l'unité supplementaire de gains générée par rapport une unité supplémentaire de dépense. (Le profit marginal donc) Ce profit "marginal" est important à évaluer parce que même si le profit total augmente, le profit marginal de la dernière unité peut être très faible, voir négatif. Par exemple, un loueur de parasol hésite à rester ouvert en septembre. Il a raison : ses dépenses sont fixes que l’on soit en juillet ou en septembre : le salaire de son employé. Par contre le gain des dernières unités de la saison (les semaines en septembre) va en diminuant nettement. Même si son gain marginal est positif (il loue encore quelques parasols) son profit marginal diminue jusqu’à devenir négatif. Le profit total c’est important, mais les personnes, les entreprises ou l’Etat ont intérêt pour chaque décision d’évaluer aussi le profit marginal. "Plaisir et douleur sont sans aucun doute les objets ultimes du calcul économique. Satisfaire au mieux nos envies avec le moindre effort - se procurer la plus grande quantité de ce qui est désirable en échange de la plus petite quantité de ce qui est indésirable- en d'autres mots, maximiser notre bien-être est LE problème économique." SW. Jevons - Théorie de politique économique. |
|
||
| La marge - page 45 |
| L'échange Les personnes libres ont tendance à échanger des idées, des sentiments ou des biens. Pour les conservateurs comme pour les socialistes cette détestable habitude peut nuire considérablement à l'intérêt des personnes de la société, ou pire de leur pouvoir. En matière d'idées ou de mœurs, ces grands protecteurs bienveillants sont plutôt démotivés, laissant les personnes sans défense libres d'aimer, de divorcer lorsqu'elles le veulent, libres de lire des livres politiques -même déplaisants pour la majorité idéologique- ou de feuilleter des BD de Manara (même plaisantes pour la majorité). Ils concentrent désormais leurs forces sur l'abomination des abominations : l'échange libre de biens ou de services. Pour justifier leur dirigisme, ils claironnent sur tous les tons une grosse bêtise : GROSSE BETISE : "Dans un échange libre, les personnes (ou les pays) étant inégaux, il y a forcement un qui perd et un qui gagne. Il faut donc limiter ou interdire les échanges entre personnes inégales ou entre personnes vivant dans des pays inégaux." Et ces grands protecteurs bienveillants limitent notre liberté d'échanger dans notre intérêt (nous sommes tous faibles ou amis des faibles.) Pour les libéraux, les prémisses de ces politiques sont fausses, le raisonnement est bancal, la méthode est liberticide, le résultat est appauvrissant pour tous, pour les faibles comme pour les autres. "L'échange est un droit naturel comme la propriété. Tout citoyen, qui a créé ou acquis un produit, doit avoir l'option ou de l'appliquer immédiatement à son usage, ou de le céder à quiconque, sur la surface du globe, consent à lui donner en échange l'objet de ses désirs. Le priver de cette faculté, quand il n'en fait aucun usage contraire à l'ordre public et aux bonnes mœurs, et uniquement pour satisfaire la convenance d'un autre citoyen, c'est légitimer une spoliation, c'est blesser la loi de la justice. " Frederic Bastiat - Propriété et Loi |
|
|
| L'échange - page 46 |
| L'avantage
comparatif Dans un échange libre, le faible comme le fort gagnent, à condition que les deux se consacrent à ce qu'ils savent faire le mieux. Imaginons une île avec deux habitants : SuperFort et MiniFaible SuperFort supplante MiniFaible dans les deux domaines importants de la survie : la cueillette des baies et la pêche. Pour vivre sur cette île, ils ont le choix entre deux solutions : Soit la méthode alter-mondialiste, chacun pour soi, ils pêchent, cueillent et consomment chacun dans leur coin en ignorant l'autre.
Soit, le contraire du chacun pour soi, c'est-à-dire la coopération libre, le libéralisme, ils se spécialisent sur leur domaine et échangent :
Cette constatation, faite initalement par Ricardo en 1817, permet de tirer des conclusions ennuyeuses pour les mercantilistes d'hier et les altermondialistes d'aujourd'hui : Même si le fort est plus productif dans tous les domaines, il aura intérêt à se spécialiser dans son point fort et à échanger avec le faible. Même si le faible est moins productif dans tous les domaines, il aura intérêt à spécialiser dans son point fort et à échanger avec le fort. Les deux gagnent dans l’échange. (même si l'un des deux peut gagner plus que l'autre.) "Que l'on considère les relations d'homme à homme, de famille à famille, de province à province, de nation à nation, d'hémisphère à hémisphère, de capitaliste à ouvrier, de propriétaire à prolétaire, — il est évident, ce me semble, qu'on ne peut ni résoudre ni même aborder le problème social, à aucun de ses points de vue, avant d'avoir choisi entre ces deux maximes: Le profit de l'un est le dommage de l'autre. Le profit de l'un est le profit de l'autre. Car, si la nature a arrangé les choses de telle façon que l'antagonisme soit la loi des transactions libres, notre seule ressource est de vaincre la nature et d'étouffer la Liberté. Si, au contraire, ces transactions libres sont harmoniques, c'est-à-dire si elles tendent à améliorer et à égaliser les conditions, nos efforts doivent se borner à laisser agir la nature et à maintenir les droits de la liberté humaine." Frédéric Bastiat |
|
||||||||||||||||||||||||
| L'échange - page 47 | |||||||||||||||||||||||||
| La
division du travail Un avocat a intérêt à payer une secrétaire pour taper son courrier, même s'il est meilleur que sa secrétaire pour utiliser le traitement de texte. Il a intérêt à se spécialiser dans ce qu’il sait le mieux faire pour l’échanger contre des travaux eux-mêmes exécutés par des gens faisant ce qu’ils savent le mieux faire. Dans cette configuration, la production générale du tandem (avocat, secrétaire) est maximale. Cela vaut pour l’économie entière d’un pays. Les impôts et taxes quelqu’ils soient peuvent dénaturer l’échange. Un certain nombre de tâches (bricolage) peuvent être exécutées par soi-même sans payer d’impôts ou par l’échange en payant un impôt (embaucher un artisan). Un comptable qui avait intérêt à faire ce qu’il fait de mieux, compter, préfère travailler moins à la comptabilité pour bricoler lui-même sa plomberie. En effet en employant un plombier il devrait s’acquitter de taxes et impôts qui au final ramènent la productivité du plombier au niveau de celle du comptable. Le plombier reste lui sans activité puisque le comptable ne l’a pas embauché. Dans cette configuration, l’économie générale se dégrade puisque le plombier est inactif, et le comptable passe des heures de travail sur des tâches qui ne sont pas son point fort. (Naturellement, si le comptable souhaite bricoler pour le plaisir, c’est son droit. Cet exemple ne vaut que pour les nombreux bricoleurs du Dimanche ‘forcés’ par souci d’économie.) Les taxes et impôts sont naturellement indispensables pour faire fonctionner l’Etat, mais il ne faut jamais perdre de vue qu’ils distordent le coût de certaines activités au détriment d’autres, et réduisent la productivité générale du pays. « La collaboration de ceux qui sont le plus doués, le plus habiles, le plus industrieux, avec ceux qui le sont moins aboutit au bénéfice des uns et des autres. Les gains tirés de la division du travail sont toujours mutuels. » Mises |
|
||
| L'échange - page 48 |
| La
privation du droit d'échanger Un échange libre peut avoir lieu sans aucune intervention de l'Etat entre deux gentilshommes qui se connaissent et se font confiance. Malheureusement comme nous ne sommes pas tous des gentilshommes (et comme nous sommes trop nombreux pour nous connaître), la présence d'un arbitre pour garantir l'application des contrats et les droits de propriété est indispensable. L'Etat, lorsqu'il n'est pas corrompu et lorsque sa justice dispose de moyens suffisants, remplit donc ce rôle d'arbitre. Contrairement à ce que clament les ennemis de la liberté d'échanger des biens et des services, les plus pauvres ne souffrent pas des échanges libres, mais d'abord de leur absence ou de leur limitation. Des bidonvilles du Brésil aux fermes du Zaïre, les plus pauvres souffrent d'une absence presque totale des droits de propriété et d'une justice garantissant leurs contrats et permettant les échanges. Les plus pauvres n'ont souvent pas de titres de propriété clairs sur leur logement ou sur les champs qu'ils exploitent, et sont à la merci d'une expulsion brutale. Ils ne peuvent donc ni faire fructifier leur bien, ni investir en le gageant pour emprunter. Ils ne disposent pas non plus des moyens de faire appel à la justice pour faire respecter des contrats (commerciaux ou salariaux), et sont même souvent à la merci de la corruption de la justice. Les plus pauvres ne souffrent donc pas de l'échange libre, mais au contraire de son absence. Ici ou sur d'autres continents, pour aider les pauvres, il ne faut pas s'attaquer aux échanges libres, mais au contraire lutter pour que tous les hommes puissent jouir du droit d'échanger librement. "Imaginez un pays où personne ne pourrait savoir qui est propriétaire de quoi, où on ne pourrait pas s'assurer facilement d'une adresse, où on ne pourrait forcer personne à payer ses dettes, où on aurait toutes les peines du monde à convertir en argent un bien matériel, où on ne pourrait pas diviser en parts les titres de propriété, où la description des capitaux ne serait pas normalisée de sorte qu'on ne saurait pas les comparer, et où les règles qui régissent la propriété changeraient d'un quartier à l'autre voire d'une rue à l'autre. Vous venez de faire connaissance avec la vie réelle d'un pays en voie de développement ou anciennement communiste. .../... En Egypte, la personne qui voudrait acquérir et faire enregistrer une parcelle sur un terrain désertique appartenant à l'Etat devrait en passer par 77 procédures auprès de 31 organismes publics et privés. Cela peut prendre le temps qu'on voudra, entre cinq et quatorze ans. Construire légalement un logement sur un ancien terrain agricole exigerait de six à onze ans à se débattre entre les bureaucraties, peut-être davantage. Cela explique pourquoi ce sont quelque 47 millions d'Egyptiens qui ont choisi de construire leur logement en dehors de la loi. Si, après avoir construit leur maison, les nouveaux habitants décident de devenir des citoyens respectueux de la loi et d'acheter les droits sur ces habitations, ils risquent de les voir démolir, d'avoir à payer une forte amende et d'être jetés pour 10 ans en prison." Hernando de Soto "Le vrai secret du capitalisme" |
|
||
| L'échange - page 49 |
| La
complexité C'est donc le fait que chaque personne se spécialise dans son point fort et échange librement le produit de son travail qui nous permet d'avoir du pain pour un prix dérisoire par rapport à nos revenus. Le boulanger s'est spécialisé dans la fabrication du pain. L'agriculteur dans la production de blé. Le camionneur qui a apporté la farine dans la conduite et la navigation jusqu'à la boulangerie. L'ingénieur dans la conception du camion. L'agronome dans les nouveaux engrais et les méthodes de travail. L'ingénieur dans la construction des instruments de l'agronome et le conducteur du train dans le transport de ce matériel. etc.. Si le boulanger, l'agriculteur, le camionneur, l'agronome, l'ingénieur etc.. avaient chacun essayé de faire le travail de tous les autres pour produire du pain chacun dans leur coin, la baguette aurait été un produit de luxe, voire un produit inexistant. La coopération, l'avantage comparatif et l'échange libre sont la source de notre prospérité. La complexité des échanges pour produire une simple baguette est inimaginable, mais c'est cette complexité qui permet d'exploiter au mieux les avantages comparatifs des personnes (ou des régions) pour au final baisser le prix du pain. Une complexité qui profite aux faibles, aux forts, à la société en général. Une complexité ingérable par une planification centralisée socialiste. Trop d'informations à collecter, trop d'ordres à donner. « La science économique nous a révélé une grande vérité sur la loi naturelle de l’interaction humaine : que ce n’est pas seulement la production, mais aussi l’échange qui sont essentiels à la prospérité et à la subsistance de l’homme. Sur son île ou sur ses rivages, par exemple Robinson pourrait pêcher du poisson, alors que Vendredi, lui, cultiverait du blé, au lieu que tous les deux s’efforcent en même temps de produire à la fois ces deux denrées. Par l’échange d’une partie du poisson de l’un contre un peu du blé de l’autre, les deux hommes peuvent accroître substantiellement les quantités de poisson aussi bien que de pain disponibles pour tous les deux. Cet avantage commun est rendu possible par deux faits de nature essentiels, deux lois naturelles, sur lesquels toute la théorie économique repose : a) la grande diversité des talents et des goûts parmi les personnes ; et b) la variété des ressources naturelles d’une région géographique à l’autre. » Murray Rothbard L’éthique de la liberté. |
|
||
| L'échange - page 50 |
| L'avantage
comparatif L'avantage comparatif est une règle universelle qui ne dépend ni de l'époque, ni du lieu. Mr plomberie et Mr électricité ont intérêt à se spécialiser dans leur domaine d'excellence et à échanger. Ils se retrouveront tous les deux avec une meilleure plomberie et une meilleure électricité La Beauce a intérêt à produire du blé et à l'échanger contre du vin de Bordeaux. Elle se retrouvera avec davantage de blé et du meilleur vin. L'Iran a intérêt d'échanger des tapis contre des montres suisses. Il se retrouvera au final avec davantage de tapis et davantage de montres (des suisses en plus, la classe.) Tout en étant une incontestable source d'enrichissement pour l'Humanité, faibles comme forts, l'échange libre a plusieurs adversaires (et même pas des ennemis proclamés de l'Humanité !) On trouve pèle mêle des producteurs indélicats, des conservateurs nationalistes, des alter-neomarxistes, des bien intentionnés manipulés et naturellement des politiques démaguos pour exploiter toutes ces voix. "Partisans de l'affranchissement du commerce, si le sentiment de justice entre pour quelque chose dans vos convictions, levez courageusement le drapeau du Libre-Échange. Ne cherchez pas de détours; n'essayez pas de surprendre nos adversaires. Ne cherchez point un succès partiel et éphémère par d'inconséquentes transactions. Ne vous privez pas de tout ce qu'il y de force dans un principe, qui trouvera tôt ou tard le chemin des intelligences et des cœurs". Frédéric Bastiat |
|
|||
| L'échange - page 51 |
| Les
producteurs indélicats Nous sommes tous à la fois producteur et consommateur. En tant que consommateur, nous avons intérêt à pouvoir échanger librement avec le plus grand nombre de gens possible. En tant que producteur, nous avons tous intérêt à ce que les autres n'aient pas le droit d'échanger sauf avec nous. Pour résoudre ce dilemme, des producteurs indélicats ont trouvé une solution : profiter des échanges libres lorsqu'ils sont consommateurs mais les interdire aux autres via l'Etat lorsqu'il s'agit de leur production à eux. Pourtant si tout le monde devenait producteur indélicat, c'est-à-dire si tout le monde interdisait les échanges à tout le monde, on reviendrait vite à la misère noire des siècles précedents. Pétition des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers.. "Nous subissons l'intolérable concurrence d'un rival étranger placé, à ce qu'il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu'il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit; car, aussitôt qu'il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s'adressent à lui, et une branche d'industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, n'est autre que le soleil ../... Nous demandons qu'il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, ../... Encore une fois, quand un produit, houille, fer, froment ou tissu, nous vient du dehors et que nous pouvons l'acquérir avec moins de travail que si nous le faisions nous-mêmes, la différence est un don gratuit qui nous est conféré. Ce don est plus ou moins considérable, selon que la différence est plus ou moins grande. Il est du quart, de moitié, des trois quarts de la valeur du produit, si l'étranger ne nous demande que les trois quarts, la moitié, le quart du paiement. Il est aussi complet qu'il puisse l'être, quand le donateur, comme fait le soleil pour la lumière, ne nous demande rien. ../.. Choisissez, mais soyez logiques; car, tant que vous repousserez, comme vous le faites, la houille, le fer, le froment, les tissus étrangers, [il est inconséquent] d'admettre la lumière du soleil, dont le prix est à zéro, pendant toute la journée." Frederic Bastiat |
|
||
| L'échange - page 52 |
| Les
conservateurs nationalistes En matière économique, les conservateurs sont souvent restés à l'âge du mercantilisme : accumuler le plus d'or aux dépends des vilains étrangers. Et ils partagent avec leurs camarades néo marxistes un goût immodéré pour l'Etat. Tout ça nous permet de régulièrement les voir revenir triomphants des grands colloques internationaux pour nous expliquer qu'ils viennent de protéger l'agriculture ou l'industrie nationale. Certains naïfs pensent que ces SuperHéros nationalistes parlent de protéger les industries des méchants étrangers. En fait pas du tout. Il s'agit de les protéger de leurs propres concitoyens libres qui pourraient choisir des produits étrangers. On voit donc régulièrement ce spectacle surréaliste, où des nationalistes conservateurs expliquent à leurs concitoyens qu'ils viennent de limiter leur liberté au profit de quelques producteurs indélicats et lobbyistes efficaces. Le tout avec un air de fermeté de dur à cuir et sous les applaudissements des néomarxistes. Lorsqu'un dirigeant conservateur d'un pays A claironne qu'il s'est opposé à un dirigeant conservateur d'un pays B en défendant des droits de douane, c'est faux. Au contraire, les deux dirigeants conservateurs sont tombés une nouvelle fois d'accord. D'accord pour favoriser l'intérêt de leurs producteurs lobbyistes indélicats au détriment des honnêtes citoyens (que ces derniers soient pauvres ou riches). Les conservateurs nationalistes, s'ils aimaient vraiment leurs pays, feraient mieux de prendre exemple sur la Hollande, Venise au XVeme siècle plutôt que sur l'île de Pâques pour assurer la puissance de leur patrie. "Ce n'est pas le capitalisme qui produit [les conflits], mais précisément les mesures anticapitalistes conçues pour mettre en échec le fonctionnement du capitalisme. Les conflits sont le résultat des diverses immixtions gouvernementales dans l'activité économique, des barrières au commerce et à la circulation des personnes, de la discrimination à l'encontre de la main-d'œuvre étrangère, des produits étrangers et du capital étranger. Le nationalisme économique est incompatible avec une paix durable. La philosophie protectionniste est une philosophie de guerre. …/… La Société des Nations n'a pas échoué du fait que son organisation aurait été trop faible. Elle a fait faillite parce qu'il lui manquait l'esprit du libéralisme authentique. C'était une entente entre des gouvernements animés par l'esprit du nationalisme économique et entièrement voués aux principes de la guerre économique. Pendant que les délégués se complaisaient à tenir des discours sur la bonne volonté entre peuples, les gouvernements qu'ils représentaient infligeaient des dommages abondants à toutes les autres nations. Les deux décennies pendant lesquelles la Société des Nations a fonctionné ont été marqués par la guerre économique la plus résolue menée par chaque nation contre toutes les autres. Le protectionnisme douanier des années antérieures à 1914 était modéré, en vérité, en comparaison de celui qui s'est développé dans les années vingt et trente — à savoir les embargos, le contrôle quantitatif du commerce, le contrôle des changes, la dévaluation monétaire, etc. " Ludwig Von Mises - Action Humaine |
|
|||
| L'échange - page 53 |
| Les
altermondialistes Pour les neo-marxistes pur jus et autres altermondialistes jus approximatif, les objections contre les échanges libres tombent comme la neige en Sibérie ou les bananes au Venezuela. D'abord par définition, quelque chose de libre, c'est quelque chose qui échappe à la construction par le haut des ingénieurs sociaux soumis à la délibération collective ou à des apparatchiks. Et ça c'est mal. Ensuite, comme les biens ont une et une seule valeur objective magique (la valeur-travail) il y a forcement un perdant et un gagnant dans un échange. Comme ce sont les plus faibles qui perdent, pour protéger les plus faibles, il faut limiter les échanges libres. Ces petites obsessions marxistes théoriques n'intéressent pas grand monde, alors les alters ont réchauffé une veille sauce permettant d'obtenir la même phobie anti-liberté d'échanger. La concurrence entre producteurs est une mauvaise chose puisqu'elle dégrade les conditions de travail et la couverture sociale des employés, voire créée du chômage dans le pays ayant le plus haut niveau de vie. Donc il faut limiter les échanges, ou les taxer. Pour les libéraux, l'angoisse sur ses conditions de travail et sur l'avenir de son emploi sont parfaitement légitimes, mais l'analyse altermondialiste est basée sur des concepts économiques inexacts et sur une analyse biaisée. Ses remèdes ne peuvent qu'aggraver les choses ou empêcher qu'elles s'embellissent davantage. "...l'amélioration du niveau de vie de centaines de millions de gens, dont beaucoup vivaient dans la plus grande pauvreté, se devait d'apparaître non seulement comme un progrès, mais aussi comme une aubaine, ouvrant largement les portes à de nouvelles opportunités commerciales. Mais loin de se rejouir de ce développement économique mondial, de plus en plus de responsables en Occident envisagent la croissance économique du tiers monde comme une menace..../... Mais ce scénario est tout à fait trompeur. Lorsque la productivité mondiale croit (comme c'est le cas lorsque les pays du tiers monde rattrapent la productivité de l'Occident), le niveau de vie moyen dans le monde doit progresser car, après tout , le supplément de production doit bien aller quelque part. On en vient naturellement à penser que l'amélioration de la productivité dans le tiers monde se retrouvera dans une progression des salaires du tiers monde, pas dans une régression des revenus dans le premier." Paul R. Krugman La mondialisation n'est pas coupable. |
as
|
||
| L'échange - page 54 |