
A quelques exceptions près, Sarkozy fait soit pareil, soit mieux que ses deux derniers prédécesseurs, ce qui compte-tenu des prédécesseurs, n'est pas une performance mais permet d'éviter une nouvelle contre performance. En tenant grosso modo, la moitié de ses promesses à moitié, il devrait laisser la France dans un meilleur état qu'il ne l'a trouvée. Ce n'est pas si mal compte-tenu d'une opinion publique oscillant entre défiance systématique, pessimisme bon chic, bon genre et antilibéralisme pavlovien.
Les demi réformes de l'Etat sont bonnes à prendre, l'Etatisme/dirigisme n'est pas davantage revendiqué que lors des présidences précédentes (mais pas moins, hélas), les excentricités de comportement en valent d'autres. Bref rien d'enthousiasmant, mais pas de quoi sonner le tocsin.
C'est pourtant ce que font beaucoup de personnes, par ailleurs (parfois) fort estimables. Ces malheureuses sont atteintes d'un mal persistant qui les ronge jour et nuit : la sarkophobie maladive.
Entendons nous bien, je compatis totalement à la souffrance que supportent beaucoup de citoyens en subissant chaque heure éveillée, un bombardement massif d'informations, coups de pub, polémiques autour d'une personnalité qui les insupporte de manière épidermique. Nous avons tous nos têtes de turc médiatiques. Moi c'est Bruno Gaccio, le papa bourdieunal + d'arrogance des guignols ou Jean-François Copé, le vieux jeune cadre dynamique, multicumulard de l'UMP. Mais, surtout lorsqu'on a pas la télé, on ne peut pas dire que leur présence soit envahissante..
Exposé comme un nyctalope en plein soleil, le sarkophobe
maladif est lui très malheureux et le clame bruyamment.
On ne changera pas Sarkozy, et la sarkophobie semble être une maladie incurable. Puisque les deux vont cohabiter pendant encore plus de quatre ans (peut-être encore neuf ans), il semble utile de voir ce que l'on peut tirer de positif de cette affection d'un point de vue libéral.
Je ne suggère donc en aucun cas une lutte contre la sarkophobie maladive. D'abord Sarkozy, on s'en moque, il est assez grand pour vivre avec certaines antipathies et il trimballe avec lui des gros morceaux de conservatisme/dirigisme.
Ensuite cela serait un défi perdu d'avance, le sarkophobe maladif tire beaucoup de fierté de son allergie. La sarkophobie maladive est une réaction épidermique violente qu'il faut instrumentaliser (he he he, diabolique) pour amener le sujet à prendre conscience de son libéralisme intraitable.
Le sarkophobe maladif ne juge pas l'action de Sarkozy entre trois catégories plutôt ternes :
- Ce qui est mieux que ces prédécesseurs/concurrents,
- ce qui est pareil
- ce qui est pire.
Le sarkophobe maladif classe donc les actions de Sarkozy entre :
- ce qui est une manipulation subtile et particulièrement perverse ayant l'apparence d'une bonne initiative
- ce qui est un scandale inadmissible, inacceptable, unique depuis la nuit des temps, sans précèdent depuis le début de la V eme république et de la civilisation occidentale.
- ce qui est le début indiscutable d'un IV éme Reich tendance satanique berlusconien. Les portes de l'enfer vont bientôt s'ouvrir.
Le but d'un libéral est donc de surfer sur ces catégories pour faire passer ses idées. Inutile donc de faire remarquer que ces reproches sont un tantinet excessifs ou que d'autres ont fait/font pareil ou pire que lui dans une indifférence totale, voire des louanges : c'est contre productif. Il faut encourager le phénomène pour mieux le canaliser. (Machiavélique, je vous dis)
Voici quelques pistes possibles à exploiter lors d'un verre
avec un
sarkophobe maladif. (N’aillez pas peur de discuter avec des
sarkophobes
maladifs, ce n'est pas contagieux, c'est même le contraire.
La
sarkophobie maladive a joué un rôle majeur dans
l'élection et la
popularité de Sarko)
"Avec sa peopolisation, Sarko rabaisse la politique à un niveau superficiel. En plus, je ne peux pas m'intéresser à des reformes législatives venant de quelqu'un qui porte des lunettes de soleil aussi tartes."
Les RayBan de
Sarko sont effectivement très tartes. Maintenant cette
peopolisation
est voulue par une grande partie de l'électorat. Est-ce
qu'il est
raisonnable que le pouvoir politique empiète autant sur la
liberté de
chaque personne, alors même que ce pouvoir politique tombe
aux mains
d'un électorat aussi superficiel, tranchant les
décisions collectives
sur des critères aussi subjectifs ? Non, pour que le bon
goût et le bon
sens triomphent, il faut limiter le rôle de l'Etat. Il faut
laisser la
liberté à des personnes comme vous qui ne
choisiraient jamais des
RayBan aussi tartes, alors que celles de Matrix sont tellement cool.
"En tant que républicain vieille école, je suis scandalisé que le président de la république ne fasse pas semblant d'être la reine d'Angleterre comme ses prédécesseurs. Au lieu de ça, il s'occupe de tout lui-même, c'est une dérive bonapartiste scandaleuse. hic."
Entièrement d'accord. Le président de la république n'a pas à s'occuper de tout parce que l'Etat n'a pas à s'occuper de tout. Maintenant plutôt que se focaliser sur un seul homme, il faut résister à tous ces médias bonapartistes -de l'express à Marianne, de TF1 à Arte- qui exigent que l'Etat s'occupe de tout, des méthodes de lecture, du pouvoir d'achat, du prix de l'essence, du logement, de l'art contemporain. Laissons faire les personnes libres seules ou s'associant librement, et le président ne pourra plus s'occuper de tout. (et il passera moins à la télé.)
"Le président ne cache pas ses amis riches comme
les autres, c'est dégoûtant et ça
laisse flotter un parfum de clientélisme."
C'est vrai que les riches, c'est dégoûtant.
Maintenant si les riches
aiment bien Sarkozy, c'est parce que l'Etat passe son temps
à
intervenir directement dans la vie économique
(protectionnisme,
subventions, passe droit, VRP auprès des dictateurs etc..)
sans rien y
apporter de positif ou si peu, mais en se transformant en pot de
confiture (ou plutôt en tonneau) pour industriels ambitieux.
Interdisons à l'Etat d'intervenir à tort
à travers dans les échanges de
biens et de services entre personnes libres, et le président
de la
république, sans pouvoir direct sur les gros sous
privés, pourra vivre
des vraies histoires d'amitiés, même avec les
riches. Et le monde sera
plus beau.
"Les médias ne sont plus libres, les
journalistes lèchent la main qui les nourrit, c'est bien
connu. Le
sarkozysme a une domination totale, absolue et sans partage sur la
presse sauf sur Marianne, le Canard, Charlie Hebdo, le nouvel Obs,
l'humanité, Télérama etc..etc.."
Farpaitement, ces
journalistes, sans honte, lèchent la main qui les nourrit :
leurs
lecteurs. Mais il y a pire, les médias qui ne
dépendent pas des
lecteurs, mais de l'Etat (entièrement
contrôlé, faut il le rappeler par
l'ignoble Sarkozy.). Journalistes sous contrôle de l'Etat qui
se
sentent obligés plus que tous les autres de lui cirer en
permanence les
pompes -apologie permanente des subventions, de l'interventionnisme, du
dirigisme- activités, comme par hasard, favorites de Sarkozy
l'interventionniste. Rendons la liberté à ces
journalistes obligés de
s'humilier pour ce monstre froid et bureaucratique. Privatisons le
service public audiovisuel et utilisons librement notre redevance pour
financer des médias qui nous plaisent.
"Avec son comportement, Sarkozy donne au pays des valeurs matérialistes ou les signes extérieurs de richesses sont une fin en soi. C'est d'une vulgarité..."
Et oui, Sarkozy bling bling a une
fascination pour ce qui brille. Mais contrairement aux socialistes et
aux conservateurs, les libéraux ne croient pas que l'Etat,
et donc son
président, ait le pouvoir/le droit de dire le vrai, le bien,
le beau.
Ce sont des gens comme vous qui portent des valeurs humanistes. Adorer
un Etat-Dieu, mettre sur un piédestal son grand
prêtre président, est
le plus sûr moyen de favoriser des valeurs qui ne vous
ressemblent pas,
que le président soit un florentin arriviste, une
tête de veau
corrompue ou un louis de funes bling bling.
Tout l'enjeu
est donc de montrer que l'étatisme ambiant est un
amplificateur du
terrible sarkozysme, et que pour faire de l'anti-sarkozysme durable
(<- ultrachic, comme tout ce qui est durable), le mieux est de
s'engager contre l'étatisme et le dirigisme. Le mieux est de
devenir
libéral.
Avec un peu de chance, les années Sarkozy
seront des années fastes pour les libéraux
français. D'une part par les
aspects libéraux de la politique de Sarkozy, d'autre part,
avec ses
aspects conservateurs/blingbling/dirigistes comme repoussoir vers le
libéralisme authentique.
Bonne année 2008 à tous, électeurs de
Sarkozy enthousiastes ou résignés, opposants
sceptiques ou revulsés !