CHAPITRE 9
LES BANQUES ET LA MONNAIE |
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Introduction Il y a des petits paradoxes. La monnaie facilite les échanges, donc la
division du
travail, donc la prospérité. Et comme les échanges économiques
sont d'abord défendus
par les libéraux, on aurait pu penser que la monnaie, comme
les
planètes orbitant autour d'elle -le crédit, les
banques, les taux
d'intérêts- seraient régies par des
principes libéraux et leur
déclinaison en droit. He bien pas du tout. C'est même le contraire. S'il y
a un domaine économique où l'interventionnisme,
la planification, les
violations massives des droits à la
propriété règnent en maître,
c'est
la production de monnaie, le crédit et une
législation favorisant
indûment les entreprises de ce secteur d'activité
: les banques. Ces multiples entorses à la
liberté, la propriété et à
l'égalité devant la loi, en plus d'être
immorales d'un point de vue
libéral, sont particulièrement destructrices de
prospérité. En temps normal, cela consiste en un transfert massif de
richesse des classes moyennes et des pauvres au profit de l'Etat et des
grandes banques. Et puis de temps en temps, il se produit les fameuses
crises économiques, que les lecteurs de ce site ayant
vécu 1929 ou 2008
connaissent bien. "Exigez l'ordre financier ou acceptez l'esclavage !" « Si la population comprenait le
système bancaire, je crois qu' il y aurait une révolution
avant demain matin » "Quelque innombrables que soient les
fléaux qui causent d'ordinaire la décadence des royaumes,
des principautés et des républiques, les quatre suivantes
sont néanmoins à mon sens les plus redoutables : la
discorde, la mortalité, la stérilité de la terre
et la dépréciation de la monnaie. Les trois premiers de
ces fléaux sont si évidents que personne ne les ignore,
mais le quatrième, concernant la monnaie, n'est admis que par
peu de gens, par les esprits les plus ouverts, car il ne ruine pas les
Etats de façon violente et d'un seul coup, mais peu à peu
et d'une manière presque insensible." |
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Les gentils et les méchants Cette
situation désastreuse est le résultat d'une
guerre idéologique entre
ceux que nous appellerons, au risque de perdre un chouia de
crédibilité
scientifique, les gentils et les méchants. Les
méchants défendent une monnaie diluée
à leur profit. Qu'ils soient
Etatistes ou Banquiers, les méchants veulent pouvoir
s'accaparer
discrètement une partie de la richesse
créée par la veuve, l'orphelin
ou l'entrepreneur courageux. C'est leur côté
méchant. Ils sont épaulés
par des faux gentils, des économistes modélisant
la société en trois
équations et prétendant planifier la
quantité de monnaie optimale grâce
à leurs géniales intuitions. A la
Renaissance, les gentils se sont d'abord opposés aux
monarques qui
diminuaient la quantité de métal
précieux dans les pièces. Au XIX
ème, les gentils se sont opposés aux partisans
des banques privés
émettant du crédit sortant de nulle part avec la
complicité de la
banque centrale. Malheureusement,
le XX ème siècle a été une
longue descente aux enfers d'un point de vue
monétaire, entrecoupée par des
méchants coups fourches -des crises
économiques violentes-. Mais
comme dirait un conservateur qui avait oublié
d'être bête : "Les
gentils ont perdu une (des) batailles. Ils n'ont pas perdu la guerre".
Huerta de Soto - Money, Bank Credit and Economic Cycles "Ce n'est qu'une question de temps. L'Amérique du Nord et l'Europe atteindront également un point de non-retour, car leurs économies reposent sur une monnaie forcée. Ce jour là, il n'y aura plus personne pour poursuivre le triste jeu alternant endettement et inflation. L'économie occidentale sera soit complètement sous l'emprise de l'État, comme cela fut le cas sous le national-socialisme, soit ce sera l'hyperinflation. Ce moment-là n'est peut-être éloigné que de quelques années, peut-être de quelques décennies. Il peut être repoussé dans le temps par une union monétaire entre le dollar et l'euro (et le yen ?). Mais cela ne change rien, à la fin du parcours, c'est soit le socialisme, soit l'hyperinflation. Seules des réformes radicales en faveur du marché peuvent nous sauver - dans les termes de Rothbard : retour à une monnaie marchandise comme l'or sur un marché monétaire libre et retrait total de l'État du système monétaire." J.G. Hulsmann - Epilogue de "Etat, qu'as-tu fait de notre monnaie ?" |
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La monnaie marchandise C'est-à-dire qu'elle peut être
analysée économiquement
avec les mêmes outils conceptuels que les autres biens
(offre, demande,
unité marginale, subjectivité). Il n'est pas
nécessaire de développer
de nouvelles théories holistes pour en comprendre
l'influence. C'est-à-dire qu'elle doit obéir aux mêmes règles de droit que les autres biens : elle ne peut pas être prêtée à deux personnes à la fois en même temps, elle ne peut pas être créée ex-nihilo; les contrats impliquant sa livraison immédiatement sur demande doivent être respectés sous peine de sanctions et nul ne doit être obligé de l'accepter dans une transaction. C'est-à-dire que pas plus que les autres
biens, elle n'a
besoin de planification, de dirigisme ou d'expert en futurologie
s'interrogeant gravement sur sa quantité optimale selon les
besoins mal
estimés de la société. La spécificité de la monnaie est
d'être une marchandise
d'abord désirée parce qu'elle peut être
facilement échangeable. Cela
n'en fait pas une entité extra-terrestre. Ludwing Von Mises - Action Humaine "/.. nous avons découvert une vérité très importante : la monnaie est une marchandise. Apprendre cette leçon simple est l’une des tâches les plus importantes qui soient. Bien souvent, on parle de la monnaie comme si c’était plus que cela – ou moins. Mais la monnaie n’est pas une unité de compte abstraite, différente d’un bien ; ni un jeton inutile qui ne servirait qu’aux échanges ; ce n’est pas une « créance sur la société » ; ni une garantie ou un niveau de prix stable. C’est une simple marchandise. Elle diffère des autres biens parce qu’elle est recherchée principalement pour son rôle de moyen d’échange. Mais, sinon, c’est une marchandise – et, comme toutes les marchandises, il en existe un certain stock, elle est demandée par des gens désirant l’acheter, la conserver etc." Murray Rothbard - Etat, qu'as tu fait de notre monnaie ?
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Le troc
L'échange libre, qu'il soit culturel, sentimental, économique ou divers est donc une bonne chose pour les personnes libres. Cela étant, autant les échanges
amoureux se pratiquent
(en général) deux par deux, autant les
échanges commerciaux se
pratiquent (en général) en groupe. Et là ça pose un
problème. Le troc, la forme la plus
spontané de l'échange, c'est compliqué
en groupe. En effet, je suis cordonnier, j'ai besoin de pain
mais malheureusement, le boulanger n'a pas besoin de mes
chaussures. Par contre il a besoin de vin alors que le viticulteur a
besoin de chaussures. C'est faisable, mais ça devient vite
compliqué. Imaginez le nombre d'échanges qu'il faudrait
pour
acheter une voiture ou une maison (et les trucs à stocker
dans votre
garage..) Heureusement nos ancêtres ont
inventé un truc très utile
sans jamais avoir lu un traité de politique
économique : la monnaie. "..Alors imaginez un
professeur d’économie qui cherche un
éleveur de volaille prêt à lui
vendre des oeufs contre quelques leçons
d’économie ! Sous un régime
d'échanges directs, il est clair qu’aucune
économie civilisée n’est
possible. |
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La monnaie Ce n'est bien sûr pas n'importe quelle
marchandise. La
sélection pour trouver les marchandises faisant office de
monnaie a été
impitoyable. D'abord, il faut qu'elle ait un prix comme simple
marchandise, sinon au tout premier échange personne n'en
voudrait
contre une autre marchandise. Ensuite la monnaie doit être facilement
divisible. Un
œuf ne pourrait pas faire l'affaire, parce qu'un
demi-œuf c'est tout de
suite plus compliqué à transporter. Par contre,
un gramme d'or, ça se
divise très bien en deux demi-grammes. Elle doit aussi être rare. Oui parce que si
elle n'est
pas assez rare, il en faut très vite de grosses
quantités ce qui rend
le transport et le stockage compliqués. Là
encore, les œufs ne sont pas
adaptés, il y en a tellement que le prix d'un bœuf
en œufs demanderait
le poids en oeufs de deux boeufs. C'est durable. Inutile de préciser que des
bijoux en or
ont traversé les siècles pour arriver dans nos
musées, tandis que même
un collectionneur d'art moderne hésiterait à
acheter ce qu'il reste
d'une omelette new-yorkaise des années 70. Ca brille. Bon ça c'est optionnel, mais il
faut mieux
que cela soit quelque chose que tout le monde a envie d'avoir. Si un
chanteur belge (très) talentueux n'a pas proposé
de couvrir le corps de
son aimée d'œuf et de lumière, il y a
une raison. A l'issue de cette confrontation, les hommes au
début de
l'histoire ont
préféré utiliser l'or -ou en
tous cas un métal-
plutôt que les œufs comme moyen
d'échange. Quelle bonne idée ! Quelle dommage que les
bac +14 qui
nous servent d'autorité monétaire ne se soient
pas inspirés de ces
bac-3000 ! "La vérité la plus importante sur la monnaie émerge maintenant de notre discussion : la monnaie est une marchandise. Apprendre cette simple leçon est l'une des taches les plus importantes du monde. .../... La monnaie n'est pas une unité de compte abstraite, séparable d'un bien concret; ce n'est pas un jeton inutile mais un bien pour l'échange; ce n'est pas une créance sur la société, ce n'est pas une garantie de prix fixe. C'est simplement une marchandise." Murray Rothbard - La monnaie et le gouvernement
La monnaie n'est pas
le produit d'un accord entre les hommes ou le produit d'actes
législatifs. Personne n'a inventé la monnaie. Au
fur et à mesure que
les hommes devinrent conscients de leurs intérêt
économiques, partout
ils ont appris qu'échanger des marchandises peu
échangeables contre des
marchandises davantage échangeables les approchaient de
leurs propres
objectifs économiques." |
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Le prix de la monnaie
Oui, mais quel est le prix de la monnaie ? He
bien, tout comme le prix des marchandises s'exprime en
monnaie, le prix de la monnaie s'exprime à travers le
faisceau d'une
quantité de toutes les autres marchandises. Le supermarché paie un pack de bière pour acheter 6 euros. Un propriétaire vous achète 600 euros en payant l'usage d'un appartement pendant 1 mois. Et comme toutes les marchandises, le prix de la monnaie
n'a donc pas de raison d'être stable -même si
l'offre de monnaie
(c'est-à-dire le stock de monnaie) est stable. Une monnaie doit être saine -c'est-à-dire non diluée par la planche à billets de la banque centrale ou la planche à crédits des banques- , mais ne doit pas (et ne peut) être figée. Des charlatans étatistes promettent une monnaie adaptée à la croissance alors qu'ils ne peuvent produire qu'une monnaie en perpétuelle dilution. Cette dilution n'adapte en rien la quantité
de monnaie,
elle rajoute simplement une couche d'instabilité. Un monde du genre que postulent les exigences absolues d'une monnaie neutre ou une monnaie stable, serait un monde sans action. Il n'est par conséquent ni étrange ni mauvais que, dans le cadre d'un monde ainsi changeant, la monnaie ne soit ni neutre ni stable en pouvoir d'achat. Tous les plans pour rendre la monnaie neutre et stable sont contradictoires. La monnaie est un élément d'action et par conséquent de changement. Les changements dans la relation monétaire, c'est-à-dire dans la relation entre la demande de monnaie et les quantités disponibles de monnaie, affectent le taux d'échange entre la monnaie d'une part, et les choses vendables de l'autre. Ces changements n'affectent pas dans le même temps et dans la même proportion les prix des diverses marchandises et divers services." Ludwing Von Mises - Action Humaine
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L'offre de monnaie
Comme pour d'autres marchandises, l'offre de monnaie (saine) et la demande de monnaie (saine) permettent de fixer le prix de la monnaie. La demande de monnaie c'est très
concrètement la
quantité de monnaie (en liquide ou sur un compte en banque)
dont chacun
souhaite disposer parmi ses richesses. La quantité
de cash, de
flouze, de pognon, de pèze, de brouzoufs dont on souhaite
disposer. La
quantitée de monnaie donc. Vous pouvez en effet conserver vos richesses sous forme
de flouze, pardon de monnaie, ou sous forme de maisons, d'actions, de
bijoux. Toutes ces décisions individuelles
additionnées
provoqueront une demande de monnaie plus ou moins grande par rapport
à
la quantité de biens (usines, pantalons, bon vin)
à acheter. Si la demande de monnaie diminue, cela signifie que davantage de gens cherchent à se débarrasser de leur monnaie pour acheter certains biens, et le prix de ces biens -davantage recherchés- augmentera relativement à la monnaie. A contrario, si davantage de personnes cherchent
à
posséder de la monnaie en vendant ou en n'achetant pas de
biens, le
prix de ces biens -moins recherchés- diminuera. Décisions individuelles libres qui
échappent
complètement aux radars des grandeurs macroscopiques et
leurs
moulinettes mathématiques déterministes.
"Celui qui
possède
plus de monnaie à sa disposition qu'il ne pense
nécessaire à ses
besoins achètera, afin de se débarrasser du stock
superflu de monnaie
qui est entre ses mains. S'il est un entrepreneur, il pourra par
exemple agrandir ses affaires. Si cet usage de monnaie n'est pas ouvert
à lui, il pourra acheter des valeurs rapportant des
intérêts ; ou il
pourra décider d'acheter des biens de consommation. Mais,
dans tous les
cas, il exprime par un comportement approprié sur le
marché le fait
qu'il considère sa réserve de pouvoir d'achat
comme trop grande.
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La quantité optimale La quantité totale de monnaie disponible est donc déterminante pour déterminer les prix de tous les biens qui s'expriment dans cette monnaie. Celui qui contrôle cette quantité a donc un pouvoir considérable sur la société. Il a un levier important sur les prix de tous les biens exprimés en monnaie : les salaires, les voitures, la baguette, les médicaments.. Un tel levier a évidemment attiré beaucoup de convoitises. D'abord des vrais malhonnêtes : les souverains belliqueux, les faux-monayeurs, les Etats en faillite et certains banquiers qui y ont vu un moyen sympa de gagner de l'argent sans effort et discrètement. Mais il y a aussi tous les docteurs étatistes, experts en planification et en contrôle de l'économie qui ont vu dans la monnaie l'instrument idéal pour toutes leurs expérimentations. Pour ces docteurs Folamour, si la quantité de monnaie est limitée par un métal (l'or par exemple), nous courrons à la catastrophe. Lorsque la population augmente ou si la population
souhaite disposer de davantage de monnaie dans ses richesses, il risque
d'y avoir une raréfaction de la monnaie (trop de gens
gardent la
monnaie, il n'en reste plus pour échanger) et/ou une baisse
des prix
généralisée désorganisant
la production. Et la solution pour les inflationnistes, c'est
d'augmenter en permanence la monnaie grâce aux banques ou
à l'Etat.
L'inflation. Pour
les partisans de la monnaie saine (qui sont de plus, rappellons-le, les
gentils), ces problèmes sont de faux problèmes
-ce qui compte ce n'est
pas la quantité de monnaie, mais son pouvoir d'achat et sa
stabilité-,
et les solutions proposées par les inflationnistes sont des
expérimentations hasardeuses qui entrainent des vraies
catastrophes
(genre crise économique mondiale, bulle
financière). "La solennité prétentieuse qu'affectent les statisticiens et les bureaux de statistique en calculant des indices de pouvoir d'achat et de coût de la vie est déplacée. Ces indices chiffrés sont au mieux des figurations grossières et inexactes de changements intervenus. Dans les périodes où la relation entre l'offre et la demande de monnaie ne se modifie que lentement, ces indices ne fournissent pas d'information du tout. Dans les périodes d'inflation et par conséquent de changements marqués des prix, ils fournissent une image fruste d'événements que chaque individu ressent dans sa vie quotidienne. Une ménagère avisée sait bien plus de choses sur les variations de prix qui affectent son foyer que les moyennes statistiques n'en peuvent dire. Elle n'a que faire de calculs qui ne tiennent pas compte de la qualité, ni de la quantité, des biens qu'il lui est possible, ou permis, d'acheter aux prix retenus pour calculer l'indice. Si elle « mesure » les changements pour son appréciation personnelle, en prenant pour référence les prix de deux ou trois denrées seulement, elle n'est ni moins « scientifique » ni plus arbitraire que les mathématiciens raffinés lorsqu'ils choisissent leur méthode de manipulation des données du marché." Ludwig Von Mises - Action Humaine
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L'inflation
Si durant une nuit, une ange
généreux mais pas très bon
en économie doublait la quantité de monnaie de
tous les hommes, en se
réveillant le matin, les hommes ne seraient pas devenus deux
fois plus
riches. Ils auraient certes deux fois plus de monnaie, mais la
quantité de biens à acheter serait, elle,
restée identique. Avec davantage de monnaie pour une quantité
de biens
identiques, aucune nouvelle richesse n'est créée.
Simplement chaque
unité de monnaie a désormais un pouvoir d'achat
plus faible. Augmenter le stock de monnaie disponible, cela s'appelle
l'inflation. Et c'est rarement les anges qui augmentent le stock de
monnaie, mais plutôt des voleurs, des rois, des gouvernements
ou des
banquiers. Une
monnaie dont le stock n'augmente qu'à la marge -par exemple
par
l'extraction de nouveau minerai précieux- est une monnaie
saine. L'or et l'argent répondent à
cette définition (sauf
lorsque l'on découvre un nouveau continent ce qui se produit
rarement). A contrario une monnaie dont le stock augmente au
gré
des malversations ou selon le bon vouloir des faux-monnayeurs, des
rois, des gouvernements ou des banquiers est une monnaie malsaine. Hayek - The Fatal conceit. "Ceci marque le début de ce qui est maintenant une symbiose traditionnelle entre les Etats et les banques…/.. Les Etats et les banquiers ont très vite réalisé qu'en sacrifiant le principe traditionnel du dépôt, ils pourraient se lancer dans des activités très lucratives, même si un prêteur en dernier ressort -une banque centrale- était obligatoire pour fournir les liquidités nécessaires en temps de difficultés../.. Malgré tout les conséquences sociales néfastes de ce privilège accordé exclusivement aux banquiers n'ont été clairement comprises que lorsque la théorie de la monnaie et du capital eurent fait des progrès suffisants et furent capables d'expliquer l'émergence de cycles économiques récurrents." Huerta de Soto - Money, Bank Credit and Economic Cycles
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La théorie quantitative
La théorie quantitative de la monnaie est
donc une étape
importante dans la pensée monétaire. Elle décrit quelque chose d'exact : une
augmentation de
l'offre de monnaie entraîne une hausse
généralisée des prix. Mais elle sous-tend aussi quelque chose d'inexact :
cette hausse généralisée serait
uniforme. Les prix augmenteraient tous
certes, mais cette augmentation générale serait
neutre sur l'économie
réelle. Simplement tous les montants auraient
changé. Et ça c'est faux. L'augmentation
de monnaie a lieu dans des endroits bien précis : l'Etat,
les rois ou
les Banques en général. Lorsque
la nouvelle monnaie apparaît dans un endroit
précis, les prix dans le
reste de la société n’ont pas encore
augmenté puisque la nouvelle
monnaie vient d'apparaître. Ceux qui
bénéficient les premiers de la nouvelle monnaie
ont donc une
augmentation de leur pouvoir d'achat au détriment de ceux
qui sont
éloignés de la source. Ce 'petit' détail a été
formulé pour la première fois
par Richard Cantillon en 1730. Les
économistes
mathématiciens refusent de partir des demandes et offres des
individus
en signes monétaires. Ils introduisent au contraire une
notion
étrangère au réel, la vitesse de
circulation, calquée sur les schémas
de la mécanique."
"La grande erreur des théoriciens quantitatifs, des classiques britanniques à Milton Friedman, est de postuler que la monnaie n'est qu'un voile et qu'une augmentation de la quantité de monnaie a seulement une influence sur le niveau des prix, ou sur le pouvoir d'achat de chaque unité de monnaie. Par contre, une des
contributions notables des économistes de l'Ecole
Autrichienne et de
leur prédécesseurs, comme le franco-Irlandais
Richard Cantillon, est
qu'en plus de cet effet quantitatif, une augmentation de l'offre de
monnaie change aussi la distribution de revenus et de
richesse." |
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L'inflation On n'utilise pas les mêmes mots pour désigner l'alcool et la gueule de bois. A juste titre, l'alcool est la cause de la gueule de
bois. Utiliser les mêmes mots pour désigner la
cause et l'effet, ça
n'aide pas pour poser le problème (et le
résoudre). On n'utilise pas les mêmes mots pour
désigner le soleil
et le coup de soleil. Par
contre, on utilise le même mot pour l'inflation et la hausse
générale
des prix. On utilise le même mot pour la cause (l'inflation..
c'est à
dire l'inflation de la masse monétaire) et l'effet (la
hausse générale
des prix) En ne distinguant pas les deux termes, la cause et
l'effet, les étatistes en mal de clientèle
électorale prétendent
combattre l'inflation. Et cette inflation provoque en retour une hausse
générale des prix. "Tout d'abord, il n'y a plus de terme disponible pour signifier ce que le mot inflation signifiait jadis. Il est impossible de combattre une politique que vous ne pouvez nommer. Hommes
d'État et
écrivains n'ont plus la possibilité de recourir
à une terminologie
acceptée et comprise par le public, lorsqu'ils veulent
mettre en
question le bien-fondé de l'émission
d'énormes quantités
supplémentaires de monnaie. Il leur faut entrer dans une
analyse
détaillée et décrire cette politique
avec tous ses caractères et des
comptes méticuleux ; et ils doivent
répéter ce processus lassant à
chaque étape de leur discussion du problème.
Comme cette politique n'a
pas de nom, l'on pense qu'il n'y a là rien à
analyser, mais un fait pur
et simple. Elle s'épanouit sans entraves. Le second
méfait est
que ceux qui s'engagent dans des tentatives naïves et sans
espoir pour
combattre les inévitables conséquences de
l'inflation — les prix en
hausse — déguisent leur entreprise en l'appelant
lutte contre
l'inflation. Alors qu'ils ne font que combattre des
symptômes, ils
prétendent combattre les racines du mal. Parce qu'ils ne
comprennent
pas les relations ` causales entre l'accroissement de la
quantité de
monnaie d'une part, et la hausse des prix de l'autre, ils aggravent
pratiquement les choses." |
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L'inflation 2 Avec une monnaie saine, les prix augmentent en général pour une seule raison : la demande des biens concernés a augmenté ou leur offre a diminué. Le pétrole peut par exemple augmenter, parce qu'il y a moins de pétrole ou parce qu'il y a davantage de consommateurs de pétrole. Cette augmentation des prix est alors : -morale (aucune violation de la liberté ou de la propriété des personnes) -efficiente (la richesse globale se porte mieux si les ressources rares sont identifiées comme telles et utilisées avec parcimonie). -limitée (il ne s'agit que des articles ou services concernés par cette augmentation de la demande) - temporaire (l'augmentation du prix entraîne
à moyen
terme une diminution de la demande (autres technologies, biens
substituées au bien dont le prix augmente) ou une
augmentation de
l'offre (davantage de producteurs sur ce marché, gains de
productivité). "L'inflation ne confère, alors, aucun bénéfice social général; plutôt, elle redistribue la richesse en faveur des premiers arrivants et aux dépens des derniers de la course. L'inflation est, en effet, une course - pour voir qui peut acquèrir la nouvelle monnaie en premier." Rothbard - La monnaie
et le gouvernement
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L'inflation 3
Avec une monnaie malsaine, c'est-à-dire diluée par l'Etat ou les banques, le prix de tous les biens augmente en même temps -sans relation avec l'offre ou la demande des biens-. Les tomates et les livres de poche augmentent alors même qu'il y a autant de tomates et de livres de poche et que les consommateurs ne sont pas plus nombreux à en vouloir. Cette augmentation des prix est alors : -immorale (violation de la propriété par dilution de la monnaie existante), -liberticide (la création de monnaie est souvent un privilège monopolistique de l'Etat et des banques) -générale (l'inflation monétaire provoque l'augmentation d'une grande partie des marchandises.) - inefficiente (imprimer de la monnaie n'a jamais créé de richesses réelles) -destructrice de richesses (crise économique
violente). Les étatistes inflationnistes combattent en général bruyamment les hausses de prix naturelles et efficientes tout en organisant les hausses des prix générales, immorales et destructrices de richesse.
"Même les citoyens ayant la connaissance, le temps et la chance de protéger leur épargne [de l'inflation] ne peuvent pas éviter les conséquences néfastes de l'inflation car ils doivent adopter des habitudes contraires à la morale et à la vie spirituelle. L'inflation les force à consacrer beaucoup plus de temps à penser à leur argent qu'ils n'auraient été obligés de le faire en l'absence d'inflation. ../.. Cela les oblige à être très attentifs à leur argent durant toute leur vie.../.. La perte spirituelle des styles de vie induit par l'inflation est évidente. L'inflation rend la société matérialiste. De plus en plus de gens se concentrent sur les revenus monétaires aux dépens d'autres éléments importants pour une vie personnelle heureuse." J.G. Hullsmann - The ethic of money
production - 2007
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L'inflation 4 L'inflation et la guerre ont longtemps marché main dans la main. Faire la guerre, cela coûte cher. Tellement
cher que les
impôts pour la financer risqueraient de provoquer une
révolte immédiate
des contribuables. Et on serait obligé d'arrêter
de faire la guerre
après quelques escarmouches, en ratant le meilleur. Pour éviter cette grosse
déception, les princes ou les
gouvernements ont souvent utilisé un
prélèvement beaucoup plus sournois
pour acheter des armes ou des mercenaires : la dilution de la monnaie. A l'époque où la monnaie
était forcement en métal
précieux, cette opération était un peu
compliquée. Cette difficulté n'a naturellement pas
beaucoup freiné
les despotes et les empereurs : il n'existe guère de monnaie
métallique
dont le poids est resté stable à travers les
siècles. A l'arrivée des rois Chrétiens en Espagne au XII ème siècle, le dinar pesait 60 grains d'or. Un siècle plus tard, il ne vaut plus que 14 grains. Cela parait impressionnant mais cela ne fait "que" 0,76% d'inflation par an. Soit beaucoup, beaucoup moins que ce que nous
connaissons aujourd'hui.
"Mais c'était des petits jeux, et les dilutions occasionnelles de monnaie n'étaient pas assez rapides pour le besoin insatiable de revenus royaux. Mais si le roi pouvait obtenir le monopole pour imprimer des tickets en papier et les appeler ""Equivalent d'une pièce d'or"", il y avait un potentiel illimité pour s'enrichir."" Rothbard - The mystery of banking "Nous tenons pour nécessaire que les échanges internationaux s'établissent, comme c'était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monètaire indiscutable et qui ne porte la marque d'aucun pays en particulier. Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu'à cet égard il puisse y avoir de critère, d'étalon, autres que l'or. Eh oui l'or, qui ne change pas de nature, qui se met, indiffèrement, en barres, en lingots ou en pièces, qui n'a pas de nationalité, qui est tenu eternellement et universellement comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence !" Charles de Gaulle
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L'inflation 5
En effet c'est dans les 100 dernières
années que la
monnaie est devenue
chaotique dans des proportions inimaginables aux siècles
précédents. Entre
les guerres mondiales et leurs conséquences, les
innovations
technologiques permettant de complètement
dématérialiser la monnaie et
des théories économiques parant de toutes les
vertus l'inflation
monétaire, nous vivons dans un système
monétaire qui ferait ressembler
la centrale de Tchernobyl avant l'explosion à un
modèle de fiabilité,
de stabilité et de transparence. Avec deux différences toutefois : -Et contrairement au nucléaire, il n'y a pas encore eu de Tchernobyl monétaire. Euuh, à la reflexion, depuis 2008 on peut oublier la deuxième différence.
Le commerce international paisible et productif a été fragmenté en mille morceaux. Les échanges et les investissements ont été entravés par des myriades de restrictions, de contrôles, de cours artificiels, d'effondrements monétaires, etc. Cela a contribué à provoquer des guerres en transformant un monde d'échanges paisibles en une jungle ou des blocs monétaires se livrent bataille. En résumé, nous voyons que la coercition, dans la monnaie comme dans d'autres domaines, n'engendre pas l'ordre, mais le chaos et le conflit." Murray Rothbard - "Etat, qu'as tu fait de notre monnaie ?"
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La baisse des prix Pour permettre à une économie libre de fonctionner, toute quantité de monnaie fait donc l'affaire, du moment qu'elle est suffisamment divisible ou agrégable. Si le stock de monnaie disponible est (presque) stable,
le pouvoir d'achat de chaque unité de monnaie
évolue (lentement) en
fonction du stock de biens disponibles et des encaisses de chaque
personne. Comme depuis deux siècles la
productivité est
démultipliée, le stock de biens augmente en
permanence. Si le stock de
monnaie en face est stable (comme l'or par exemple), le prix des biens
exprimé dans cette monnaie est en diminution constante. Aujourd'hui, et ce malgré la dilution de la
monnaie, les
prix dans le matériel informatique ou la
téléphonie mobile sont en
diminution constante. Cela n'empêche pas ce marché
d'être florissant
pour les producteurs comme pour les consommateurs. La
baisse des prix n'est donc pas forcement une "maladie" qui
empêcherait
le développement économique. Pour éviter ce danger effroyable, l'Etat et
les grandes
banques ont un remède, la dilution perpétuelle de
la monnaie. Et si ce
remède de cheval est d'abord à leur profit ce
n'est qu'un pur hasard.
"Les services que rend la monnaie sont fonction du niveau de son pouvoir d'achat. Personne ne désire avoir comme encaisse un certain nombre de pièces de monnaie ou un poids de monnaie déterminé ; l'on désire avoir en caisse un montant déterminé de pouvoir d'achat. Comme le fonctionnement du marché tend à porter le pouvoir d'achat de la monnaie, dans son état final, à un degré où la demande et l'offre de monnaie coïncident, il ne peut jamais y avoir excès ou manque de monnaie. Tout individu, et tous les individus ensemble, bénéficient toujours des avantages qu'ils peuvent tirer de l'échange indirect et de l'emploi de la monnaie, que la quantité totale de monnaie soit grande ou petite." Ludwing Von Mises - Action Humaine
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La déflation
Les inflationnistes affirment deux choses pour justifier leurs vilaines petites habitudes. D'une part, sans inflation, les consommateurs auraient
tendance à
refréner leur consommation indéfiniment puisque
chaque jour qui passe
rendrait les articles moins chers. En fait, ils font comme tous les consommateurs
rationnels : lorsqu'ils ont besoin/envie d'un article aujourd'hui,
qu'ils peuvent se payer, ils l'achètent. Incroyable. Bien
sûr, ils ne
vont pas acheter à l'avance des biens dont le prix diminue,
mais là
aussi c'est ce que font déjà les consommateurs.
C'est assez rare de
s'acheter un ordinateur et des jeux vidéos un an
à l'avance. D'autre part, selon les inflationnistes, les
entrepreneurs ne pourraient plus faire de profits puisque les prix
seraient en perpétuelle chute libre. Voui, sauf que les coûts de l'entrepreneur
vont aussi
diminuer. Ce qui intéresse l'entrepreneur dans son calcul
économique,
ce n'est pas tant les recettes. C'est le
bénéfice. La différence entre
les coûts et les recettes. L'inflation ne nous protège donc pas d'un
désert glacé
où les consommateurs ne consommeraient plus et où
les producteurs ne
produiraient plus. Ce désert n'existe pas. Et il n'a jamais
existé.
C'est un mythe repoussoir inventé par les inflationnistes. "L'afflux continu de monnaie fiduciaire rend les puissants et les riches plus puissants et riches que s'ils dépendaient d'échanges volontaires avec de leur co-citoyens. Et parce que cela protège l'élite politique et économique de la compétition venant du reste de la société, l'inflation est un frein à la mobilité sociale. Le riche reste riche plus longtemps et le pauvre reste pauvre plus longtemps qu'il ne le resterait dans une société libre". JG Hulsmann - Deflation
and liberty.
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Le certificat de
monnaie
Les pièces de bronze ou d'or, c'est bien,
c'est joli
mais c'est tout de même compliqué à
transporter. Ce certificat permettant de réclamer sur l'heure la monnaie confiée à ce quelqu'un digne de confiance est un certificat de monnaie.
Une monnaie saine peut parfaitement circuler sous forme
de billets ou de jeux d'écriture comptable.
"Si
le débiteur — le gouvernement ou une banque
— conserve en regard du
volume total des substituts monétaires une
réserve à 100 % de
monnaie réelle, nous appelons ce substitut
monétaire un certificat
de monnaie. Chaque
certificat de monnaie est — sinon
légalement, du moins toujours au sens catallactique
— la représentation
d'un montant correspondant de monnaie en réserve."
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| Le certificat de
monnaie 2 Par abus de langage, et parce que l'Etat et les banques y avaient tout intérêt, on a finit par confondre la monnaie (l'or, l'argent) avec les certificats de monnaie (les billets, les chèques certifiant l'existence de l'or et de l'argent). Et puis, un jour les Etats ont déclaré que les certificats de monnaie, ne certifiaient plus rien du tout. Abracadabra, les certificats de monnaie sont de la monnaie.. et l'or et l'argent ne sont que des reliques barbares qu'il est interdit d'utiliser comme monnaie. Le tour de passe-passe du siècle. Un ticket pour un spectacle est un ticket pour un spectacle parce que le spectacle existe réellement et qu'il y a réellement un fauteuil réservé par ce ticket. Si ce n'est pas le cas, il ne s'agit pas d'un ticket pour un spectacle -même si c'est marqué dessus- mais d'un bout de papier sans valeur. De même un certificat de monnaie est un certificat de monnaie parce qu'il existe réellement dans un coffre de l'or ou de l'argent 'réservé' par ce certificat de monnaie. Sinon ce n'est pas un certificat de monnaie, c'est un bout de papier sans valeur (dont personne ne voudrait sauf lorsqu'un Etat force des millions de personnes à l'accepter). "Les caractères techniques et légaux des substituts de monnaie ne sont pas du ressort de la catallactique. Un substitut monétaire peut être concrétisé par un billet de banque, ou un dépôt à vue auprès d'une banque honorant les chèques (monnaie — chèques ou monnaie bancaire), pourvu que la banque soit en mesure d'échanger à vue et sans frais le billet contre la monnaie vraie. Les jetons sont aussi des substituts de la monnaie, pourvu que le porteur soit en mesure de les échanger à volonté, sans frais ni délai, contre de la monnaie. Pour réaliser cela, il n'est pas nécessaire que le gouvernement soit obligé par la loi de les racheter. Ce qui importe est que ces signes soient réellement échangeables sans frais ni délai. Si le montant total des jetons mis en circulation est maintenu dans des limites raisonnables, le gouvernement n'a pas à prendre de mesure spéciale pour maintenir leur valeur d'échange au pair de leur valeur faciale. La demande du public pour de la monnaie divisionnaire donne à tout un chacun l'occasion de les échanger contre des pièces de monnaie. L'important est que tout porteur de substituts monétaires soit absolument certain de pouvoir, à tout instant et sans frais, les échanger contre de la monnaie." Ludwig Von Mises - Action Humaine |
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La monnaie fiduciaire
Faire des fausses pièces d'or de 20 gr, c'est
possible en
trafiquant leur teneur ou leur poids, mais c'est tout de même
compliqué. Et puis la fraude est facilement
détectable :
une balance et un appareillage d'analyse simple permettent de
facilement déterminer si la pièce d'or de 20 gr
est bien
en or et pèse bien 20 gr. En revanche, fabriquer un faux certificat de 20 gr d'or
est aussi simple
que d'appuyer sur le bouton d'une presse à imprimer. De plus
la
fraude est indétectable sauf à perquisitionner
le
coffre de l'émetteur du certificat et à le
comparer avec
le nombre de certificats émis (si le faux monnayeurs en a
gardé une trace..) Si le quelqu'un digne de confiance n'est pas digne de
confiance, il
peut être tenté d'émettre plus de
certificats de
monnaie qu'il n'a vraiment de monnaie dans ses coffres. Cela veut dire qu'une partie des
certificats de monnaie
en circulation
ne garantit plus l'existence de monnaie disponible sur demande. Ce sont
des faux certificats de monnaie.
"Si la
réserve de monnaie
conservée par le débiteur en regard des
substituts
monétaires demeure inférieure au montant total
des
certificats de monnaie, nous appelons cet excédent de
certificats par rapport à la réserve, moyens
fiduciaires.
En règle générale, il n'est pas
possible de
vérifier si un certain spécimen de substitut
monétaire est un certificat de monnaie ou un instrument
fiduciaire. Une partie du montant total des substituts
monétaires en circulation est d'habitude couverte par la
réserve de monnaie conservée. Ludwing Von Mises - Action
Humaine |
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| La
monnaie fiduciaire 2 En termes polis, les faux certificats de monnaie, cela s'appelle la monnaie fiduciaire. Le monnaie fiduciaire est aujourd'hui
omniprésente dans
l'économie comme dans la finance. C'est bizarre. Les certificats de monnaie sont
supérieurs en tout point à la monnaie fiduciaire.
Pourquoi est-ce que ce sont ces derniers qui se sont imposés
? Sans doute la faute à pas de chance. Rien à
voir avec le fait que la
monnaie fiduciaire est un immense avantage pour les banques et l'Etat
au détriment de la population. D'ailleurs, l'inflation et les bulles
financières explosant
en
récession, c'est aussi la faute à pas de chance. "Pas de chance", c'est l'autre de nom de l'Etat en
matière
monétaire. Mais il préfère
Etat-Providence, c'est
plus classe qu'Etat-Pas-De-chance. La com' politique c'est quelque
chose tout de même. "En un mot, la monnaie-papier constitue l'instrument le plus important pour la promotion et le maintien d'intérêts privilégiés, donc presque toujours d'intérêts établis. La monnaie-papier rend les riches plus riches et les puissants plus puissants qu'ils ne pourraient l'être en ne comptant que sur la coopération volontaire de leurs concitoyens. Elle donne à l'Etat la manne grâce à laquelle il peut continuer à croître aux dépens de ses sujets." J.G. Hulsmann - Epilogue de "Etat, qu'as-tu fait de notre monnaie ?" "Les banques de dépôt ont commencé comme des institutions totalement différentes des banques de prêts. Il est malheureux que le même nom "banque", ait été utilisé pour désigner les deux. Si une banque de prêt est une institution utilisée pour transformer l'épargne en des prêts productifs contre versements de taux intérêt, les banques de dépôts sont apparues pour offrir des services aux possesseurs d'or ou d'argent. Les possesseurs d'or qui ne souhaitaient pas conserver leur or chez eux par crainte d'un risque de vol préféraient stocker cet or dans un coffre-fort. Les banques de dépôts fonctionnaient comme des coffres-forts." Murray Rothbard - Mystery of banking. |
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| La monnaie - page 21
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Les banques Les banques sont des entreprises indispensables pour le fonctionnement d'une économie libérale. Lorsqu'elles font honnêtement leur métier, elles permettent la création de richesses qui n'aurait pas pu avoir lieu sans elles et ils est normal qu'elles en dégagent des profits partagés avec leur meilleurs salariés.
- une
fonction de
dépôt,
c'est-à-dire un lieu où l'on peut
déposer en
sécurité certaines marchandises (en l'occurrence
de la
monnaie). Ces deux métiers, tout les deux honorables et
indispensables
pour la prospérité
générale, en
étant confondus donnent lieu à des pratiques
à la
fois immorales, frauduleuses et gravement destabilisatrices pour
l'économie. Ce mélange des genres et la pratique qui en découle (la réserve fractionnaire), ont d'abord été fait en cachette lors du développement des banques et des certificats de monnaie. Cette pratique a ensuite été
légalisée,
(en parallèle de l'abandon de l'étalon-or, une
catastrophe n'arrivant jamais seule), au prix de polémiques
violentes au cours XIX ème siècle et au
début du
XX ème siècle. "… Le principe légal gouvernant les contrats de dépôts a été corrompu au fil du temps, principalement à cause de la tentation ressentie par les premiers banquiers d'utiliser l'argent de leur déposant à leur propre profit. L'intervention de l'establishment politique a aussi joué un rôle important. Cherchant à sécuriser toujours davantage de ressources financière, les autorités politiques se sont tournées vers les banquiers gardiens des dépôts des autres et ont tenté d'exploiter ces fonds, accordant aux banquiers toutes sortes de privilèges, en particulier l'autorisation d'utiliser l'argent des dépôts à leur propres profits. (à condition évidemment qu'une partie conséquente de ces fonds soit prêtée aux hommes politiques eux-mêmes.)" Huerta de Soto - Money, Bank Credit and Economic Cycles
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Mutuum et depositum
Chez les romains deux types de contrats distincts
régissent les services qu'offrent les antiquo-banquiers. Le mutuum qui permet de prêter une
quantité de
biens fongibles. L'argent, le blé ou le sel. L'emprunteur doit rendre une quantité
égale de
biens de
la même espèce et de la même
qualité à
une date convenue à l'avance avec un
intérêt. De plus, si la banque fait faillite pendant la
période
d'emprunt, l'épargnant n'aura plus que ses yeux pour pleurer
et
fera la queue parmi les autres créditeurs pour essayer de
récupérer son bien.
L'émission d'instruments fiduciaires augmente les fonds dont dispose la banque pour prêter au-delà de ces limites. Elle peut maintenant accorder non seulement du crédit-réel, mais aussi du crédit de circulation, c'est-à-dire du crédit au moyen de l'émission d'instruments fiduciaires." Ludwing Von Mises - Action Humaine "…/… Les banques sont bel et bien privilégiées par le gouvernement, autorisées à augmenter la masse monétaire, et ainsi mettre en marche deux grandes agressions contre le public : un boom inflationniste disloquant l'appareil productif et les investissements, volant l'épargne des classes moyennes suivi par une douloureuse contraction rendue inévitable pour corriger les distorsions induites pour le boom. Tout ceci pour être justement attribué au système de la réserve fractionnaire chapeauté par la banque centrale." Murray Rothbard - An autrian perspective on the history of economic thought "Comme pour le faux-monnayage, tous les propriétaires, tous les épargnants sont expropriés et victimes du faux-monnayeurs. Dans le cas de la [réserve fractionnaire], l'effet des agissements du banquier ne sera pas seulement une hausse des prix et une redistribution de l'argent et des revenus mais aussi des cycles ruineux de booms et de récession générés par les expansions et les contractions du faux crédit bancaire." Murray Rothbard - The case against the fed.
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| Le
depositum Le depositum est un contrat où une personne
confie
à la
garde
d'une autre un bien pour qu'il le protège. Le bien
doit
être retourné à n'importe quel moment
sur demande. Le gardien a donc l'obligation de conserver
très strictement
dans ses coffres la quantité de bien qu'on lui a
confié. Par contre, comme il s'agit d'un service que le gardien
effectue pour
le déposant, c'est le déposant qui paie le
gardien durant
la période du dépôt. Mutuum et depositum même s'ils
ont tout les
deux un nom
rigolo
s'appuient donc sur des bases, un principe et un objectif clairement
différents : gardiennage d'un côté,
location d'un
autre
côté. « Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable (...) à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents » Maurice Allais, Prix Nobel d'Economie 1988 |
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| La
monnaie - page 24 |
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Le dépôt et le prêt
- d'une part prêter de l'argent à votre banque pour qu'elle l'utilise en le reprêtant. -d'autre part déposer de l'argent pour qu'elle le garde (et en vous vendant un certain nombre de services, chéquier, carte bleue, site internet) est cruciale. Dans le premier cas, c'est un prêt à votre banque. Il y a transfert temporaire de la propriété. Pendant que la banque utilise vos fonds pour ses placements, l'usage de vos fonds lui appartient exclusivement. Dans la second cas, le dépôt, il
n'y a pas de
transfert de
propriété. Votre argent continue de vous
appartenir,
à vous et à vous seul. Simplement au lieu de le
garder
sous votre matelas, vous l'avez confié à un
professionnel
de gardiennage. Cette dichotomie se retrouve d'un point de vue
économique. Dans le premier cas, vous renoncez à l'usage
d'une ressource
pour que quelqu'un d'autre l'utilise pendant une durée
déterminée. En faisant croire à deux personnes différentes qu'elles ont l'usage exclusif d'une même ressource, la banque trompe les acteurs sur la quantité d'une ressource disponible et fausse les calculs économiques. S'il y a plusieurs moyens de produire un même
bien, et que
l'une des méthodes coûte moins cher parce que
l'une des ressources est moins chère, les producteurs vont
naturellement s'orienter vers cette méthode de production. Ludwing Von Mises - Theory of Money and credit. "En résumé, quelque soit l'angle [légal] sous lequel vous le considérez, un dépôt ne peut pas être équivalent à un prêt à la banque. Les deux sont par leur essence incompatibles et l'existence du système de réserve fractionnaire, malgré qu'il soit un "monstre" ou une "aberration légale" ne doit son existence qu'au fait qu'il a été toléré puis légalisé par le pouvoir politique. Quoi qu'il en soit, le fait que ce monstre légal joue un rôle dans les interactions humaines produit inévitablement des dommages économiques et engendre des conséquences sociales" Huerta de Soto - Money, Bank Credit and Economic Cycles
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Le
dépôt
et le prêt 2
Mais la banque (comme toutes les banques aujourd'hui),
au
lieu de garder ce
dépôt dans ses coffres, le
prête à une autre entreprise. Cette
deuxième entreprise
peut
elle aussi disposer de cet argent comme de la trésorerie et
le
mettre sur un compte courant. Une même somme d'argent se retrouve donc sur
deux
trésoreries en même temps et deux bilans
comptables
en
même temps. Si ce n'était pas une banque
à
l'origine d'un
telle
bizarrerie, mais des particuliers ou une autre entreprise, cela
vaudrait
aux magouilleurs responsables de cet argent
dédoublé de
sérieux ennuis avec la justice. Mais bon, c'est une banque alors c'est légal. "[Ces banques], comme
toutes les banques
importantes du Moyen Age, ont constamment suivi le schéma de
la Grèce antique ou de Rome : les banques
respectaient initialement les principes légaux traditionnels
trouvés dans le corpus juris civilis : elles
opéraient
avec 100% de réserve ce qui garantissait la bonne
conservation
[du dépôt] et sa constante
disponibilité pour le
déposant. Puis graduellement, à cause de la
cupidité
des banquiers et de la complicité des chefs d'Etat, ces
principes
ont été violés et le banquiers ont
commencé
à prêter de l'argent des
dépôts, souvent de
fait aux [Etats]." Huerta de Soto - Money, Bank Credit and Economic Cycles |
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La réserve fractionnaire Le système dans lequel la banque ne garde dans ses coffres qu'une fraction de l'argent des dépôts (parce qu'elle a prêté le reste) s'appelle une réserve fractionnaire. Un autre nom pour fraude. Cela signifie qu'elle a calculé que tous ses
déposants ne
réclamant pas leur monnaie au même moment, elle
pouvait
faire usage d'une partie des dépôts pour son
propre
intérêt sans risquer de se faire prendre. Avec une fraction de l'ensemble des
dépôts, elle
peut
faire face à une demande normale de déposants
réclamant leurs dépôts. Tout est dans le normalement. Parce que dès que l'on sort un petit peu de
la
situation
"normale", la réserve fractionnaire est si faible
qu'immédiatement la banque se retrouve en banqueroute. Ces banqueroutes étaient
fréquentes au cours du
XIXème siècle et au début du XX
ème. Les
images d'une foule paniquée réclamant son argent
au
guichet des banques sont une image d'Epinal de cette glorieuse
période. Bénéfices
privés, pertes publiques : c'est la solution
trouvée
par les
banques et les étatistes pour garantir la
stabilité du
système. Dire que cette solution ne correspond pas
à
l'intêret général est un
euphémisme. "L'émission de pseudo-reçus, comme la contrefaçon de pièces, est un exemple d'inflation, laquelle sera plus étudiée ci-dessous. L'inflation peut être définie comme toute augmentation de l'offre de monnaie qui ne se compose pas d'une hausse dans le stock de métal monétaire. Les banques à réserve fractionnaire sont, par conséquent, fondamentalement des institutions inflationnistes." Murray Rothbard - La
monnaie et le gouvernement
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La réserve
fractionnaire 2 Les gardiens de voitures, de blé, de maisons ou de vestiaires n'ont pas le droit d'utiliser les biens qu'on leur confie pour leur usage propre. Le gardien de monnaie, oui. Lorsque vous garez votre voiture dans un parking
privé, la
voiture continue de vous appartenir. Par contre si vous déposez de l'argent en
gardiennage chez
une
banque, elle peut en disposer comme bon lui semble. Elle peut
l'utiliser pour acheter des prêts pourris
américains, des
emprunts russes ou des obligations françaises. Ce n'est plus
le
votre. C'est le sien, c'est comme ça. Si le parking fait faillite pendant la nuit, le
lendemain vous pouvez
aller récupérer votre voiture le plus simplement
du
monde. Les huissiers ne s'y opposeront pas, c'est normal c'est votre
voiture, pas celle du parking. Avec les banques, ce n'est pas possible, vos
dépôts lui
appartiennent. Si elle fait faillite, vos dépôts
sont
perdus comme s'il s'agissait de l'argent de la banque. Si par malchance lors de la faillite, le gardien a
été
malhonnête et votre voiture n'est plus là, le
gardien est
accusé de fraude et va en prison. Lors d'une faillite, votre argent ne sera pas
là. Mais
c'est
pas
grave, le banquier ne peut pas faire (ou craint de ne pas pouvoir
faire) face à ses engagements, il n'a aucun risque d'aller
en
prison. D'abord ce qu'il a fait, c'est légal. En plus,
devant
l'importance de la catastrophe, c'est l'Etat qui va
prendre en charge les engagements de la banque. La pression
populaire d'épargnants ruinés sera trop forte. C'est sympathique tout de même :
vous
êtes une
entreprise
privée et pour faire davantage de
bénéfices vous
vous mettez structurellement en situation de ne pas pouvoir faire face
à vos engagements, et si les choses tournent mal, c'est
l'Etat
qui les prend en charge. C'est sympathique, mais ce n'est pas du
tout
libéral.
D'ailleurs ce n'est pas non plus sympathique. The case against the Fed - Murray Rothbard "Si les gouvernants n'étaient jamais intervenus pour favoriser des banques particulières, s'ils n'avaient jamais relevé certaines banques de l'obligation, incombant à tout individu et toute firme dans une économie de marché, de régler leurs dettes en conformité entière avec les termes du contrat, il n'y aurait eu aucun problème de la banque. Les limites qui sont tracées à l'expansion de crédit auraient été efficaces. Le souci de sa propre solvabilité aurait forcé chaque banque à borner avec précaution l'émission d'instruments fiduciaires. Celles des banques qui n'auraient pas observé les règles indispensables auraient fait banqueroute, et le public, instruit par le dommage subi, serait devenu doublement méfiant et réservé." Action Humaine - Ludwig Von Mises
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La réserve
fractionnaire 3 Il n'y a que quelques euros. Les autres ont été
utilisés par votre
banque pour
les prêter à d'autres particuliers ou des
entreprises. Mais le processus ne s'arrête pas
là. L'argent que
l'emprunteur de la banque a reçu avec le prêt
n'est pas
gardé en argent liquide, mais est lui aussi
déposé
sur un compte courant. Ce nouveau dépôt est
immédiatement
réutilisé par la banque pour faire un nouveau
prêt... et augmenter encore davantage la monnaie en
circulation
(et les
bénéfices de la banque.) C'est merveilleux, les banques ont pratiquement
réussi
à
inventer la pierre philosophale et le mouvement perpétuel en
même temps ! Quel génie ! Abracadabra, aucun bien ou service en plus mais
davantage de monnaie
dans l'économie. Hé, mais ce n'est pas la pierre
philosophale ça. Ca s'appelle l'inflation. Et ça
n'enrichit que ceux qui produisent cette fausse monnaie. "Malgré l'explosion des cours de la bourse, le processus typique d'enrichissement d'un petit nombre au détriment de tous les autres reste peu visible. Le cours normal des choses est le suivant : les autorités monétaires diffusent la monnaie nouvellement créée vers des cercles qui leur sont proches et, de là, elle se propage peu à peu vers les autres secteurs de l'économie nationale. Pourtant l'inflation de ces vingt dernières années n'a pas suivi ce processus. Elle s'est surtout et quasi exclusivement manifestée au niveau des marchés financiers. " J.G. Hulsmann - Epilogue
de "Etat, qu'as-tu fait de notre monnaie ?" |
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La banque centrale
Cela ne coûte rien : elles impriment à volonté la monnaie qu'elles prêtent aux banques ou les taux intérêt qu'elles versent sur les dépôts. 2) Elles peuvent effectuer des opérations d'open market. Cela signifie qu'elles achètent avec de la monnaie créée ex-nihilo des obligations auprès des grandes banques, en particulier des obligations d'Etat, mais aussi tout et n'importe quoi en cas de crise (actifs toxiques, actifs non-identifiés, actifs non-identifiés mais toxiques, actifs pas actifs du tout etc..) . 3) Elles ont le rôle décisif de prêteur en dernier ressort, c'est-à-dire de venir en aide aux banques qui auraient du faire faillite dans un marché libre. Et elles ont bien sûr leur rôle le plus connu : un monopole pour l'émission des billets et des pièces de monnaie. "En résumé, la capacité des banques à créer de la monnaie ex-nihilo génère des fortunes que le banquier peut facilement s'approprier, du moment que ses clients lui gardent leur confiance. Cette génération de fortunes se fait au détriment d'autres acteurs qui supportent individuellement une partie des dommages causés par l'activité du banquier." Huerta de Soto - "Money, Bank Credit and Economic Cycles" "Avec les opposants à l'étalon-or, [les pro-réserves fractionnaires] partagent la conviction que la monnaie est optimale avec une flexibilité selon son périmètre ou la demande. Il n'y a pas plus grave erreur en théorie monétaire. Aucune problématique n'est plus fondamentale. La quantité de monnaie n'est pas corrélée aux bénéfices que l'on peut en tirer à long terme, comme à court terme. Il n'est ni nécessaire, ni utile de l'ajuster selon les changements de son utilisation. Il n'y en a pas besoin parce que cet ajustement peut être atteint par des changements de prix et en particulier de salaires." J.G. Hulsmann - Free banking and the free banker
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La banque centrale 2
La banque centrale, cette usine à gaz improbable, fixe donc le prix des taux, diffuse à gros bouillon de la fausse monnaie, octroie à certaines entreprises le privilège exorbitant de créer du faux crédit et puis les protège sans limite lorsqu'elles sont incapables de faire face à leurs engagements. Ceci n'a rien à voir de près ou de loin avec le libéralisme, le marché libre ou la morale. C'est
du pur
interventionnisme étatique matiné de scientisme
hasardeux. Et ce sont eux qui ont une influence déterminante
sur la
monnaie et le crédit... Aaah je veux descendre.... "Au début du 20 ème, la plupart des entreprises et des industries étaient financées par leur propre revenus tandis que les banques et autres intermédiaires financiers ne jouaient qu'un rôle secondaire. Aujourd'hui le paysage a été complètement inversé et la raison fondamentale de ce changement, c'est la monnaie fiduciaire. La monnaie fiduciaire a causé une augmentation sans précédent de la dette à tous les niveaux : gouvernement, entreprises et individus." J.G. Hulsmann - Epilogue
de "Etat, qu'as-tu fait de notre monnaie ?" |
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banque centrale 3 Dans une économie libérale, un puissant garde-fou empêche les industriels de faire de grosses bêtises : la faillite. Si les dirigeants d'une entreprise prennent trop de risques, leur entreprise a de bonnes chances de faire faillite. Et même si elle ne fait pas faillite, la fuite préventive des clients de l'entreprise suffit à rendre sages les dirigeants les plus cupides. Avec son rôle de prêteur en dernier ressort, la banque centrale débranche pour les banques ce régulateur ultrapuissant. Elles peuvent prendre désormais des risques importants, les petits épargnants ne vérifient pas les investissements de leur banque et les dirigeants sont surtout préoccupés des bénéfices maximum. En effet, tout le monde sait qu'en cas d'investissements trop risqués, la banque centrale interviendra pour sauver la grande banque. Si les banques pouvaient faire faillite comme toutes les autres entreprises, les petits épargnants vérifieraient à deux fois avant de confier leur dépôt à ces banques... et leurs dirigeants vérifieraient à deux fois avant d'acheter des actifs toxiques qu'ils sont incapables d'évaluer. La régulation libérale -la faillite- est un garde-fou qui nous protège largement des voitures dangeureuses, des avions mal conçus, des yaourts empoisonnés...malheureusement elle ne nous protège plus des banques folles. La banque centrale veille à ce que les banquiers incompétents soient indéboulonnables (et riches). Au lieu de verser des larmes de crocodiles sur la finance sauvage et de rouler des mécaniques sur les futures réglementations, les étatistes feraient mieux de rebrancher ce qu'ils ont sciemment débranché pour les banques : la régulation libérale. "En fait, comme nous l'avons vu, les banques ont désespérément souhaité une banque centrale, non pour placer des limites à leur propre désir d'expansion, mais au contraire, pour leur permettre de se développer et augmenter la masse monétaire sans risquer les pénalités d'une économie de marché. Comme prêteur en dernier ressort, la banque centrale pourrait leur permettre de se développer quand elles auraient du contracter des prêts pour se sauvegarder. En résumé, la vraie raison de la création de la Réserve féderale, et sa promotion par les grandes banques, est l'exact opposé de ses objectifs lourdement trompetés. Plutôt que créer une institution pour réduire leurs propres profits dans l'intérêt général, les banques ont créé une banque centrale pour multiplier leur profits en leur permettant de se développer beaucoup plus loin que les limites fixées par une compétition dans un marché libre." Murray Rothbard - The case against the fed |
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La
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La banque centrale 2 Les Etats parce qu'ils ont toujours besoin de plus de crédit. Les grandes banques, parce que prêter l'argent qui ne leur appartient pas est très lucratif. On retrouve donc souvent à l'origine des banques centrales des banquiers ambitieux voulant éliminer la concurrence de nouvelles banques et profiter d'une protection sans limite de l'Etat. Les crises structurelles dues aux réserves fractionnaires ont souvent été habilement utilisées non pour interdire ces dernières, mais pour justifier l'existence d'une banque centrale assurant la stabilité du système. Ces banquiers ont pour alliés objectifs les étatistes pour qui un Etat chargé de réguler et d'organiser le marché est parfaitement cohérent avec leur idéal planificateur et dirigiste. La production de monnaie et le marché du crédit sont un cas d'école de la collusion -entre intérêts privés et Etat- qui pend au nez des interventionnistes de tout poils. "En fait, comme nous
l'avons
vu, les banques
désirent désespérément une
banque centrale, non pour placer
des
limites à leur tendance naturelle à l'inflation,
mais au
contraire pour leur permettre de se développer sans subir
les
contraintes d'un marché libre. Comme prêteur en
dernier
ressort, les banques centrales leur permettaient et les encourageaient
à s'étendre.." "Un banquier commence
avec 25
000 $. Il
émet donc pour 250 000$ de crédit. Il apporte ces
certificats de crédit à la Federal
Reserve Bank
pour un rachat. Il en tire environ 245 000 $ (la différence
est
le prix à payer pour un rachat). Il peut utiliser ce montant
comme réserve pour de nouveaux prêts. Il peut
ainsi
étendre son crédit 10 fois, c'est à
dire 2 450
000 $. Oui, il récupère
6%
d'intérêt, soit
147 000$, annuellement. Avec un capital de 25 000$."
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banque centrale 3 Les gros intérêts privés n'ont aucun goût pour le marché libre. Ils ont une position dominante qu'ils veulent conserver et que le libre choix des personnes libres menace à chaque instant. Ils cherchent donc à obtenir des protections règlementaires pour freiner ou interdire l'arrivée de concurrents menaçant leur rente de situation. Les étatistes sont les idiots utiles ou les complices cyniques de ces oligarchies en baptisant ces privilèges indus : "réguler le marché sauvage", "protéger le savoir -faire national", "s'opposer au laisser-faire", "défendre l'intérêt général". Pour la monnaie comme pour le reste, le meilleur moyen de défendre l'intérêt général, ce n'est pas d'octroyer des privilèges aux oligarchies en place, mais de rédiger des lois garantissant les droits fondamentaux des personnes libres -liberté, sécurité, propriété- et de créer des tribunaux pour les faire respecter. Des dizaines, des centaines de millions de personnes libres faisant valoir leur bon droit, c'est un rouleau compresseur contre les oligarchies, les rentes de situation ou les "superprofits" infiniment plus puissant et plus durable que toutes les envolées lyriques anti-capitalistes des révolutionnaires en peau de lapin. Mais bon, c'est vrai, cela prive les étatistes du plaisir de contrôler la société et de prétendre agir pour l'intérêt général. On ne peut pas tout avoir.. "Cela n'était pas suffisant, qu'une nouvelle alliance étatiste soit formée entre les grosses entreprises et [des grands] intellectuels, ils devaient se mettre d'accord, proposer et défendre une ligne idéologique commune, une ligne qui persuaderait la majorité du public d'adopter ce nouveau programme et même de le souhaiter avec ferveur. Cette ligne fut brillamment victorieuse et mensongère : les nouvelles mesures progressistes et les régulations seront nécessaires pour sauver l'intérêt public de la sinistre exploitation des grands monopoles privés .../..[Mais] si cette politique était conçue pour mater et domestiquer les grosses entreprises rapaces, comme se fait-il que tant de responsables de ces grandes sociétés, tant de partenaires de Morgan, de Rockfeller, de Harrimans, ont mis une telle énergie à les promouvoir ?" Murray Rothbard - The case against the Fed |
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La banque centrale 4a Rien n'est vrai dans cette phrase. D'abord la banque centrale n'est pas noble. C'est l'une des plus grosses associations de faux-monnayeurs de l'histoire de l'humanité. Ensuite, les banques centrales n'ont pas de colonnes en marbre, mais plutôt des immenses immeubles avec des vitres fumées. Il faut beaucoup de place pour loger des dizaines de milliers de bureaucrates planifiant la monnaie et le crédit. Elle ne symbolise absolument pas le capitalisme et encore moins le libéralisme. Le libéralisme c'est : - la propriété privée, ce que la banque centrale viole massivement en diluant la monnaie - la liberté, ce que la banque centrale et l'Etat violent massivement en interdisant d'utiliser l'or comme monnaie et en empêchant la création de banques libres - l'égalité en droits, ce que l'Etat et la banque centrale violent massivement en octroyant à certaines entreprises privées -et pas à d'autres- le droit de créer de la monnaie ex-nihilo - un marché libre, ce que la banque centrale viole massivement en fixant artificiellement les taux d'intérêt. "La Fed et les banques ne sont pas une solution au problème de l'inflation. Elles sont le problème. L'économie américaine a souffert d'une inflation chronique, ainsi que de bulles et récessions destructives parce que l'inflation a été inévitablement générée par la fed elle-même. Ce rôle, en réalité, est l'objectif même de son existence : cartelliser les banques commerciales privées, et les aider à augmenter la masse monétaire et le crédit, injecter des réserves dans les banques, et les secourir lorsqu'elles sont en faillite." Murray Rothbard - The case against the fed. "Comment une institution monstrueuse comme la banque centrale a pu apparaître et s'imposer dans le monde moderne ? Sans surprise, cette institution est apparue comme une escroquerie menée conjointement par un gouvernement au bord de la faillite et une clique de financiers corrumpus en Angleterre, à la fin de 17 ème siècle." Murray Rothbard - Mystery of Banking "La banque centrale, loin d'être issue un processus de coopération sociale spontanée, a émergé comme une conséquence inévitable de la réserve fractionnaire des banques privées. Dans le contexte de la réserve fractionnaire, ce sont les banques privées elles-mêmes qui ont voulu un prêteur en dernier ressort pour les protéger lors des crises économiques cycliques et des récessions qu'un tel système provoque." Huerta de Soto - "Money, Bank Credit and Economic Cycles" |
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banque centrale 4b Décideurs compétents, c'est faux aussi. Pas forcément par leur faute. Que ce soit pour les savonnettes, les vêtements ou la monnaie, la planification et le dirigisme, cela ne marche pas. C'est trop complexe de gérer et d'analyser des milliards d'informations en agissant sur des millions de paramètres modifiés par des millions de personnes libres. Les quelques boutons et les quelques thermomètres dont dispose la banque centrale sont ridiculement dérisoires par rapport à la complexité d'une économie moderne. La politique monétaire, c'est un gag soviétique prétentieux. Il ne devrait pas y avoir davantage de politique monétaire qu'il y a de politique savonnaire, de politique couche-culotaire ou de politique pantalonnaire. La politique monétaire, c'est un terme savant pour cacher une empilement approximatif de trucs et astuces incohérents appliqués avec une désinvolure stupéfiante de gamins (assez) ridés. Dans une économie libérale, il n'y a pas de politique monétaire, il y a une production de monnaie et un marché libre du crédit, vous savez les trucs qui marchent pour les savons, les couche-culottes et les pantalons. Rendons à César ce qui appartient à César. La banque centrale n'est pas du tout libérale, elle est étatiste et dirigiste. Et les crises monétaires dont elle est la cause ne sont pas des crises du libéralisme, mais des crises de l'étatisme et de l'interventionnisme. "Nous ne devons laisser aucun doute quant à la nature des autorités monétaires. Toutes les banques centrales servent uniquement à piller la population au profit de cartels d'intérêts politiquement organisés. La Bundesbank n'est pas une exception. Cependant, de toutes les banques centrales, c'est encore elle qui a le moins porté atteinte aux intérêts de la grande masse de la population non politiquement organisée. Elle n'a pas seulement rendu ce service à la population allemande, mais également à tous les citoyens européens. Car grâce à sa retenue, ce sont toutes les autres banques centrales qui ont été obligées d'en faire autant. " J.G. Hulsmann - Epilogue de "Etat, qu'as-tu fait de notre monnaie ?" |
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La banque centrale 5a
Si à la place de la monnaie, nous avions une banque centrale pour le savon, le résultat aurait été le même. Des efforts
considérables auraient été
consacrés à modéliser
l'économie du savon. D'autres efforts vains auraient
été consacrés à estimer les
besoins de la population en savon en s'appuyant sur des projections
statistiques se plantant avec la régularité d'une
horloge suisse. Le tout sous le patronage de publications
truffées de
modèles mathématiques incertains avec des
données
agrégées sur la vitesse d'utilisation du savon,
le
stockage du savon liquide, le coefficient de fonte du savon etc.. "Considérons une société libre où l'or est la monnaie. Dans une telle société, on ne peut acquérir de la monnaie que de trois manière différentes a) en prospectant de l'or; b) en vendant un bien ou un service en échange d'or c) en recevant l'or comme un cadeau . Chacune de ses méthodes respecte scrupuleusement le droit de propriété de chacun." Murray Rothbard - The case against the fed. "L'institution de la
banque centrale prend ses racines dans le
renoncement des autorités publiques à
définir et à
défendre le droit de propriété des
déposants, soit en d'autres termes, à mettre fin
à
l'utilisation frauduleuse de l'argent que les clients de banque ont
confiés à ces dernières. |
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La banque centrale 5b
Des politiques auraient sans doute exigé une
politique de
relance de la production de bain moussant tandis que d'autres plus
prudents auraient expliqué que le savon de Marseille est la
clé de la propreté. Tout cet immense brouhaha n'aurait donné lieu qu'à des injustices, à des crises ponctuées de surplus ou de pénuries et à de mouvements de prix imprévisibles pour le plus grand bénéfice de requins de la savonnerie. Et comme le sujet a été rendu trop complexe par ces experts en planification, il est naturellement totalement hors de controle démocratique ou individuel. Heureusement pour notre propreté personnelle
et pour nos
trajets
dans le métro, la production et la distribution de produits
d'hygiène n'est pas planifiée et
dirigée par
une poignée d'experts imposant sa décision
à
toute la population. C'est le marché libre,
c'est-à-dire
des dizaines de millions de personne qui imaginent, produisent,
consomment, s'adaptent, se concurrencent et estiment en fonction des
millions
d'informations de leur environnement. L'Etat a un rôle à
jouer pour
édicter
des lois
générales (en gros le respect des contrats),
faire
fonctionner les tribunaux et éventuellement
établir
quelques règlementations pour l'information ou la
sécurité. C'est tout, mais c'est
déjà
énorme et très utile. La monnaie mérite (au moins)
autant
d'égard que
le savon.
Dans une société libre, la banque centrale serait
abolie
et les privilèges des banques privés aussi. "Ainsi les limites imposées par le mécanisme de la propriété privée ne fonctionnent plus. La bourse devient une arène de jeux qui transforme l'investisseur en joueur et le placement de son patrimoine, qui était jusque là risqué, en un jeu apparemment sans conséquences. Les joueurs entretenant de bonnes relations avec les autorités monétaires (banques, grande industrie, gouvernements) jouissent d'un accès prioritaire à ces quantités nouvelles de monnaie qui surgissent du néant. Ils peuvent prendre part au jeu, sans avoir à se casser la tête pour savoir s'ils pourront vendre leurs actions à un cours encore plus élevé qu'ils ne les ont achetées. Aussi longtemps que les autorités monétaires produiront de la monnaie signe nouvelle, il y aura toujours des personnes qui pourront et voudront jouer des sommes plus grandes parce qu'elles anticipent avec confiance une future inflation."J.G. Hulsmann "Les banques de détails, engagées comme elles le sont dans la reserve fractionnaire sont en permanence au bord de la faillite. Elles poussent toujours ainsi en faveur de l'intervention de l'Etat et de ses sauvegardes. Les banques de marché font une grande partie de leurs affaires grace aux emprunts d'Etat ../... Elles poussent alors les Etats aux déficits et forcent les contribuables à payer les dettes du gouvernement." Wall Street, banks, and American Foreign Policy - Murray Rothbard |
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| Pour en savoir plus.... | |
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Etat, qu’as-tu fait de notre monnaie ? Murray Rothbard. Murray Rothbard, c’est un peu le pit bull de l’école autrichienne. Un style volontier sec, précis et percutant.
Elève de Ludwig Von Mises, il a écrit de nombreux ouvrages d’économie (souvent plus clairs et mieux construits que ceux de son professeur).
Etat,
qu'as tu fait de notre monnaie est disponible en
français
en livre ou en format pdf (gratuit et
légal). Destiné au grand public, il
reprend dans un format court
et pédagogique la vision autrichienne de la monnaie et des
banques. |
Ou disponible gratuitement en ligne (et en français) : http://www.scribd.com/doc/ |
| «
The case against the fed » Murray Rothbard. (seulement disponible en anglais)Murray Rothbard retrace l’histoire de la banque fédérale américaine. Puis explique ce qu’il pense de cette institution (beaucoup de mal). Destiné au grand public américain pour le convaincre de s’attaquer à la monnaie fiduciaire, cet essai est une plaidoirie pour abolir la banque centrale et retourner à la monnaie libre. |
Ou disponible gratuitement en ligne (en anglais) : http://mises.org/books/fed.pdf |
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« Banking, Cycle and money production » Jesus Huerta De Soto (seulement disponible en anglais.) Jesus Huerta De Soto est un universitaire Espagnol actuellement en poste.
Ce
gros pavé de mille
pages détaille l’histoire de la réserve
fractionnaire et des crises dont cette
pratique est responsable.
Il
fait aussi un détour du côté
des théories économiques qui soutiennent le
système actuel (Keynésien et
Monétariste) pour **SPOILER** en dire du mal
**SPOILER**.
Un
ouvrage universitaire donc,
mais dans la tradition de l’école autrichienne,
c'est-à-dire lisible. |
http://mises.org/books/desoto.pdf |
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« The Ethic of Money production » Actuellement
Professeur à
l’université d’Angers,
Hullsman s’intéresse aux
aspects moraux de la production de monnaie selon qu’elle soit
monnaie
marchandise ou monnaie fiduciaire.
En
dehors des aspects
d’efficacité économique, la monnaie
fiduciaire soulève en effet de nombreux
problèmes moraux qui seraient identifiés comme
tels
et combattus dans d’autres
domaines de la sphère économique.
Hullsman
explore ces aspects en
s’appuyant en particulier sur la tradition
chrétienne. |
http://www.mises.org/books/moneyproduction.pdf |
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« L'homme, l'économie et l'Etat. » Murray Rothbard détaille dans certains chapitres de son manuel d’économie (tendance école autrichienne donc) le rôle de la monnaie d’un point de vue théorique.
Du lourd mais surtout du clair pour appréhender les mécanismes monétaires.
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Ou disponible gratuitement en ligne (en anglais) : http://www.mises.org/books/mespm.pdf et toujours en anglais, un excellent support pédagogique avec des résumés de chaque chapitre : http://mises.org/books/messtudy.pdf |
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« Action
Humaine »
Le navire amiral de l’Ecole autrichienne, écrit par Ludwig Von Mises en 1947, consacre plusieurs chapitres à la monnaie d’un point de vue théorique. Que du bon (et du un peu long).
En
plus c’est en français et c’est gratuit.
Pourquoi se priver ? |
http://herve.dequengo.free.fr/Mises/AH/AH.htm |
| "Maurice Allais" Maurice Allais est l'un des très rares français a avoir obtenu le prix nobel d'économie. Il a participé notamment à la fondation de la société du Mont Pèlerin, association regroupant des économistes et philosophes libéraux, en particulier de l'école Autrichienne. Et ce n'est pas un hasard si l'on retrouve beaucoup de des idées Autrichiennes dans ce texte publié en 1998. |
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/La_crise_mondiale_d_aujourd_hui_Maurice_Allais_1998.htm |
| L'université d'été 2008 du Parti Libéral
Démocrate Philippe Nataf, est invité à l'université d'été 2008 du Parti Libéral Démocrate (PLD) à exposer ses vues libérales sur la monnaie, l'Euro, les banques centrales, les politiques monétaires, les taux de changes... Philippe Nataf est un économiste français, spécialiste des questions financières, monétaires, bancaires et des fluctuations conjoncturelles. Il enseigne l'économie à l'université Paris-Dauphine et s'occupe également d'un organisme de formation permanente, le CEFGEC. |
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| «
The case for Gold » Ron Paul est un homme politique atypique. Médecin obstétricien, élu américain, libertarian, c'est-à-dire ultra-hyper-ultra-giga-tetra-libéral selon les standards français (à qui il ne faut pas grand-chose, il est vrai) il est devenu le temps des primaires républicaines un véritable phénomène internet. Son opposition frontale à Bush et aux néo-conservateurs, sa résistance systématique à l’augmentation du périmètre de l’Etat, son opposition à la guerre, sa bouille de Gandalf courtois, cultivé et souriant, lui ont valu une popularité phénoménale chez les cyber-amis américains de la liberté. Ron Paul est aussi un économiste de l’Ecole autrichienne. "The case for gold", en s’appuyant sur les théories monétaires autrichiennes est une plaidoirie en direction des élus comme du peuple américain pour un retour à l’Etalon-or. Pour étayer son argumentation, il retrace les grandes lignes de l’histoire de la monnaie et des banques centrales. |
Ou disponible gratuitement en ligne (en anglais) : http://mises.org/books/caseforgold.pdf |
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En bonus, voici deux des nombreuses interventions de Ron Paul.
On y retrouve les grandes thématiques de l’école autrichienne. |
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Et
super bonus, un grand moment de
Aimee
Allen,
chanteuse californienne, a écrit et
réalisé cette chanson de soutien à Ron
Paul.
Pour vous aider à mieux situer ce monument gentiment kitchounet des chants politiques modernes, je vous propose un commentaire seconde par seconde du clip qui a enflammé les libéraux américains l'année dernière.
0:00 Symbole anarchiste qui n'est pas le clip original. Mais bon, il n'est pas non plus complètement incongru, la méfiance vis à vis de l'Etat de certains libéraux (ultra) les amènent souvent barboter dans les eaux de l'anarchisme individualiste.
0:19 Aimee appelle l’Amérique à se réveiller. On remarque à ce moment là qu’elle a oublié d’être moche et que se réveiller à ses côtés peut effectivement intéresser 50% des électeurs.
0:37 Aimee propose de détruire les institutions illégales. En gros tout ce qui n'est pas autorisé par la constitution américaine. La banque fédérale américaine par exemple.
0:43
Aimee
salue religieusement le
drapeau américain. C’est un passage
obligé. Ca tombe bien Ron Paul est un grand
opposant à la guerre en Irak, la déclarant
totalement inconstitutionnelle. Il
s’est violement opposé à tout
les va-t-en guerre neo-con. Ca plaisait
beaucoup aux troupes qui ont fait de lui le principal
bénéficiaire de leurs
dons aux candidats de
1:16 Bon, là elle crie le nom de Ron Paul, c'est sûr qu'un nom à deux syllabes c'est plus facile pour rythmer une chanson -même si ça fait un peu culte de la personnalité-.
1:19 Aimee a des jolies ailes tatouées sous les bras.
1:30 Aimee décrit son sentiment sur le Patriot Act. En résumé, il est assez négatif.
1:37 Ce sentiment s'étend en particulier aux écoutes illégales comme aux procès sans jury.
1:47. L'IRS (impôt sur le revenu) prend l'argent des contribuables. Cela ne plait pas à Aimee. Elle a raison.
2:08 Moment surréaliste du clip. L'apparition des Suicides Girls au ralenti avec les cheveux dans le vent. Qui sont elles ? Des copines du studio musique d'à côté ? Des passantes qui revenaient de la plage ? Des militantes de Ron Paul ? Des actrices porno entre deux tournages ? C'est assez mystèrieux. Une chose est sûre elles portent bien le bikini noir.
2:19 Voix off de Ron Paul. D'habitude dans les clips, c'est le moment un peu calme où le rappeur, d'une voix pateuse, s'interroge gravement sur ses problèmes conjugaux avec sa bitch à lui. Là, Ron Paul nous parle de politique monétaire et explique que la banque fédérale américaine vole les pauvres au profit des riches. A ma connaissance, c'est le seul moment dans toute l'histoire de la pop qu'un clip parle des banques centrales.
2:32 Aimee veut conserver ses droits garantis par la constitution. Elle a raison : la constitution américaine a été écrite il y a 250 ans par des gentlemens libéraux qui pourraient donner des leçons de citoyenneté et de démocratie à 99,9% de la classe politique française. Mais ils sont morts et en plus ils sont américains, alors ils ne vont pas le faire.
2:54 Aimee appelle à la révolution (libérale) à fond les cordes vocales. En écoutant ce cri, ça me donne une envie irrésistible d'aller prendre une bastille Etatique. Tandis que lorsque Besancenot crie Révolution, ça ne me donne pas envie d'aller affamer des paysans russes. Bizarre la vie, non ?
3:11 Ca devient un peu plus confus. Mais on comprend qu'elle soutient Ron Paul. |