Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

La concurrence libre

Lorsqu'elle s'exerce sur nous, la concurrence est rarement une source de bien-être, du moins sur le moment.

Dans le domaine économique, elle génère une angoisse sourde pour les producteurs (salariés, indépendants, entreprises, actionnaires, épargnants). Est-ce qu'ils ne risquent pas de perdre leur activité demain au profit d'un autre producteur ?

Et cette angoisse s'avère de temps en temps fondée. Avec les conséquences parfois dramatiques que cela implique pour le producteur malheureux.

Les libéraux étant des défenseurs inconditionnels du bien-être (le courage politique, c'est quelque chose tout de même), leur engagement en faveur de la concurrence dans le cadre de l'économie de marché peut sembler paradoxal au gentilhomme pas éclairé.

En premier lieu, pour les libéraux, la concurrence est une conséquence du droit à la liberté. En l'occurrence la liberté de choisir les biens ou les services que les autres peuvent ou non échanger avec nous, la liberté de produire et d'échanger sans demander l'autorisation de corporations, lobbies ou de l'Etat.

D'autre part c'est la concurrence qui a permis d'améliorer de manière spectaculaire notre niveau de vie depuis deux siècles et qui va continuer à le faire dans les siècles prochains.

En dernier lieu, la concurrence ne peut pas s'abolir, la condition humaine génère mécaniquement des compétitions, y compris dans les milieux qui prétendent y échapper. La concurrence libérale, en excluant la violence et en la fondant sur des contrats librement consentis, canalise cette compétition de telle sorte qu'elle bénéficie à tous, y compris aux perdants.

"Et après tout, qu'est-ce que la Concurrence ? Est-ce une chose existant et agissant par elle-même comme le choléra ? Non, Concurrence, ce n'est qu'absence d'oppression. En ce qui m'intéresse, je veux choisir pour moi-même et ne veux pas qu'un autre choisisse pour moi, malgré moi; voilà tout. Et si quelqu'un prétend substituer son jugement au mien dans les affaires qui me regardent, je demanderai de substituer le mien au sien dans les transactions qui le concernent. Où est la garantie que les choses en iront mieux ? Il est évident que la Concurrence, c'est la liberté. Détruire la liberté d'agir, c'est détruire la possibilité et par suite la faculté de choisir, de juger, de comparer; c'est tuer l'intelligence, c'est tuer la pensée, c'est tuer l'homme. De quelque côté qu'ils partent, voilà où aboutissent toujours les réformateurs modernes; pour améliorer la société, ils commencent par anéantir l'individu, sous prétexte que tous les maux en viennent, comme si tous les biens n'en venaient pas aussi.
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Et est-ce sérieusement qu'on nous propose de substituer à cette universelle vigilance des intéressés une autorité sociale (fût-ce celle du réformateur lui-même), chargée de décider sur tous les points du globe les délicates conditions de ces échanges innombrables ? Ne voit-on pas que ce serait créer le plus faillible, le plus universel, le plus immédiat, le plus inquisitorial, le plus insupportable, le plus actuel, le plus intime, et disons, fort heureusement, le plus impossible de tous les despotismes que jamais cervelle de pacha ou de mufti ait pu concevoir ?"

Frederic Bastiat - La concurrence

un instituteur donne la fessée à ses élèves

La concurrence a aussi mauvaise réputation à cause de son instrumentalisation par des conservateurs.

Le discours 'La concurrence, c'est bon parce que ça fait mal, vilains Français qui n'aiment pas avoir mal' permet souvent à des conservateurs de donner des leçons de morale collectives avec un air d'instituteur sévère.

Or si le credo 'C'est bon parce que ça fait mal' peut intéresser les adeptes de certains clubs spécialisés, ce n'est ni l'origine ni l'objectif de la concurrence économique.
C'est plus (modestement ?) une conséquence du droit à la liberté et l'un des moteurs de nos progrès matériels depuis des siècles.

C'est donc un moyen ou une conséquence, pas une fin en soi (même si cela peut biensûr être une source de plaisir ou d'émulation pour certains).

Vouloir échapper à la concurrence n'est donc pas une déchéance morale. Tout dépend du moyen utilisé pour y échapper. En innovant ou en produisant à moindre coût, un producteur tente de fait d'échapper à une concurrence frontale. C'est ainsi l'un des moteurs du progrès.

D'autre part, certains peuvent aussi choisir certaines activités moins exposées à la compétition parce que cette dernière n'est pas source d'émulation pour eux-mêmes mais plutôt de malaise paralysant.

Par contre, échapper à la concurrence en assassinant, en corrompant, en utilisant l'Etat pour interdire la présence d'autres producteurs (tout en s'accaparant les gains issus d'une concurrence que l'on refuse pour soi-même) est d'un parfait mauvais goût pour un libéral.

Les fruits de la concurrence à moyen terme, c'est donc davantage de bien-être. Ce ne sont certainement pas des plaisirs masochistes. Tant pis pour certains conservateurs qui ne pourront plus gronder collectivement la vilaine population ne partageant pas leurs déviances.

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Le service public concurrentiel

La concurrence est un processus indispensable pour allouer les ressources (le travail ou les matières premières) le moins mal possible compte tenu des souhaits de chaque personne.

Un producteur obligatoire et unique (monopole d'Etat) n'est pas incité à innover, à améliorer ses méthodes de travail, à écouter les consommateurs puisque ces derniers ne peuvent pas aller voir ailleurs.

Et même s'il le voulait, un producteur centralisé et unique ne pourrait pas connaitre les besoins de chaque personne. Les préférences réelles de chaque personne ne peuvent pas être établies en fonction de ce qu'elles disent, mais en fonction de ce qu'elles font lorsqu'elles sont confrontées à un choix dont elles connaissent et supportent le cout personnellement..

Les producteurs obligatoires et uniques ont donc naturellement tendance à mal servir des besoins qu'ils connaissent mal.

Dans une économie socialiste pure, où tous les producteurs sont obligatoires et uniques, la pénurie et la médiocrité des produits est générale.

Dans une économie libérale au contraire, les producteurs dont les produits ou les services ne sont pas retenus doivent réorienter leur production ou leur méthode de production pour répondre à la demande des consommateurs.

Et c'est cette adaptation continuelle qui est la source de notre prospérité.

"La concurrence n'est absente que là où l'affectation des individus divers aux diverses tâches est effectuée par les seules décisions du dictateur, sans que les intéressés y contribuent en s'efforçant de lui présenter leurs vertus et capacités sous le jour le plus favorable."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

"Le libéralisme est basé sur la conviction que pour que la concurrence puisse jouer un rôle bienfaisant, une armature juridique soigneusement conçue est nécessaire; il admet que les lois passées et présentes ont de graves défauts. Il ne nie pas non plus que partout où il est impossible de rendre la concurrence efficace, il nous faut recourir à d'autres méthodes pour guider l'activité économique. Toutefois, le libéralisme économique est opposé au remplacement de la concurrence par des méthodes inférieures de coordination des efforts humains."

F. Hayek - La route de la servitude

"C'est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises et qui établit les vrais rapports entre elles."

Montesquieu - De l'esprit des lois

élection de miss monde

La concurrence économique est victime d'un contresens à cause de sa proximité avec une compétition sportive ou un concours de beauté.

L'objet de ce dernier est de déterminer quelle Miss est la plus belle. Pour que la compétition des Miss soit juste, il faut égaliser les chances de départ (même taille de bikini, même temps de parole pour sortir des fadaises.)

L'objet de la concurrence économique est d'adapter la production aux choix des consommateurs. Il ne s'agit pas de déterminer qui est le plus beau producteur ou le plus méritant.

Les imprimeurs -même négligents- de Gutenberg ont mis sur la paille le plus méticuleux et le plus talentueux des moines copistes. L'objet de la concurrence économique n'est pas de récompenser le mérite, elle a simplement pour but de favoriser les producteurs capables de répondre à la demande.

Pour que la concurrence économique produise ses bienfaits, il est donc inutile, voire nocif d'égaliser les conditions entre producteurs. Les consommateurs profitent de la diffusion des livres, mêmes si les imprimeurs sans talent ont exploité une supériorité technique.

Cela n'empêche naturellement pas certains dirigistes étatistes, conservateurs ou socialistes, de vouloir périodiquement égaliser les conditions de la concurrence. (avantager certaines entreprises menacées par la concurrence, octroyer des subventions à certaines plutot qu'à d'autres.)

Ils se heurtent à leur mur habituel : la complexité de la société. Il y a des millions de paramètres qui différencient les conditions de départ des entreprises. Même en se donnant beaucoup de mal, ils ne pourront en égaliser que quelques unes. En commettant au passage des injustices vis-à-vis des producteurs concernés par les millions d'autres paramètres et vis-à-vis de l'ensemble des consommateurs

Egaliser les conditions de la concurrence économique, c'est comme essayer d'aplanir l'océan avec une raquette de ping pong. En plus d'être un objectif complètement idiot, c'est très difficile à réussir même en se donnant beaucoup de mal.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral