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Les
externalités
Les externalités, après les monopoles et
l'asymétrie d'information, c'est la troisième
imperfection du marché homologuée.
Imaginons deux fabriques de bonbons en concurrence à
coté d'une rivière.
La première fabrique des bonbons traditionnels avec du sucre
et
du colorant cancérigène pour 3 écus le
bonbon.
Elle ne rejette rien dans la rivière.
La deuxième exploite une technologie
révolutionnaire
permettant de fabriquer ces mêmes bonbons à partir
de
pneus usés, d'Uranium 235 et d'un colorant naturel bon pour
la
santé. Elle rejette dans la rivière une substance
noire
et visqueuse légèrement radioactive. Ils auraient
tort de
se gêner : la rivière appartient à tout
le monde.
Cette nouvelle technologie permet de fabriquer des bonbons à
2
écus. Et naturellement le produit marche très
bien. Les
parents adorent : c'est moins cher (et en plus, sur le paquet il y a
marqué que le colorant est naturel), ça ne change
rien
pour les enfants : écœurant et indigeste comme ils
les
aiment.
Oui, mais l'usine B a pu produire ces bonbons moins cher parce qu'elle
n'intègre pas une nuisance
générée lors de
sa production : la pollution de la rivière.
Si le coût pour empêcher cette nuisance avait
été intégré dans le prix du
bonbon
(c'est-à-dire un filtre à eau anti-Uranimum 235
et pneus
usés), le bonbon radioactif coûterait 4
écus et
aurait beaucoup moins de succès.
Cette nuisance et le dysfonctionnement qu'il
génère dans
l'économie libre porte un joli nom aux consonances
poétiques : 'une externalité négative'.
"Les lois concernant la
responsabilité financière et l'indemnisation pour
les
dommages causés ont été et restent
à
certains égards défectueuses. En gros, le
principe admis
est que chacun est responsable des dommages que ses actes ont
infligé à autrui. Mais il y avait des
brèches que
les législateurs ont été lents
à boucher.
Dans certains cas, cette lenteur fut intentionnelle parce que les
imperfections servaient les intentions des autorités.
Dans nombre de pays,
jadis, les
propriétaires d'usines et de chemins de fer n'ont pas
été tenus responsables des dommages que leur
façon
de conduire leurs entreprises infligeaient aux biens et à la
santé des voisins, des clients, des employés et
autres
gens, par les fumées, la suie, le bruit, la pollution de
l'eau,
et par les accidents dus à des équipements
défectueux ou mal conçus ; c'est qu'alors
l'idée
était qu'il ne fallait pas entraver le progrès de
l'industrialisation et le développement des moyens de
transport.
Les mêmes
idées qui ont
poussé, et poussent encore, beaucoup de gouvernements
à
encourager l'investissement dans des usines et des voies
ferrées, au moyen de subventions, d'exemptions fiscales, de
tarifs douaniers et de crédit à bon
marché, ont
contribué à l'apparition d'un état de
choses
juridique où la responsabilité de telles
entreprises
était restreinte, soit formellement soit en fait. "
Ludwig Von Mises - Action Humaine
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Mais les externalités ne sont pas que négatives.
Elles
ont leur ying : les externalités positives.
Les externalités négatives
sont les conséquences négatives d'une action sur
quelqu'un d'exterieur à cette action, (et sans que ce
dernier soit dédommagé par les auteurs de
l'action)
Les externalités positives sont les conséquences
positives (he, he, c'est beau la logique) d'une action sur quelqu'un
d'exterieur à cette action, (et sans que ce dernier ait
payé les auteurs de l'action)
Par exemple tous les marins peuvent profiter de la présence
d'un phare, sans que le gardien puisse facturer ses services aux
marins. La lumière du phare est une externalité
positive.
Le résultat c'est que (théoriquement) personne ne
s'occupe du phare puisqu'on ne peut pas identifier ceux qui l'utilisent
(- donc qui devraient payer pour ce phare-). Et les marins cassent leur
bateau sur les récifs ce qui est assez
désagréable pour les marins (et pour les poissons
quand il s'agit d'un supertanker).
Ce ying et ce yang économiques ont plongé dans un
nirvana taoïste les Etatistes : enfin une
défaillance du marché libre qui va imposer
l'intervention d'un Etat Dieu omniscient et infiniment bon pour
interdire ou pour contraindre.
Le nirvana n'a pas duré : L'Etat
génère aussi un gros paquet
d'externalités négatives qu'il serait de mauvais
goût de négliger (et les libéraux ont
justement très bon goût).
D'autant que la philosophie libérale (le yung), le droit
civil (le yong) et l'économie libre (le yeng) offrent des
outils très efficaces pour résoudre les multiples
problèmes posés par le ying et le yang.
Yeng, Yung et Yong sont les voies royales pour parvenir à la
sagesse (dépolluée), l'harmonie
(prospère) et la paix intérieure (contractuelle)
permettant une gestion cosmique du ying et du yang.
Viens ma sœur, viens mon frère, la voie
libérale à la force de l'eau,
jaillissante dans un torrent, fluide autour des obstacles,
reposée autour des nénuphars sacrés.
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