Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

La crise et la théorie autrichienne des cycles

Il est (fortement) recommandé pour comprendre ce chapitre d'avoir lu auparavant :

Le chapitre 9 - La monnaie et les banques
et
Le chapitre 10 - Le capital et les taux d'intérêt

Echangeriez-vous un baril de prospérité libérale contre deux barils de crise interventionniste ?

Comme je sens certains lecteurs hésitants (d'accord c'est une crise interventionniste, mais c'est deux barils tout de même), rien de tel qu'une bonne compétition d'égal à égal pour déterminer le meilleur modèle de développement.

Le choc des titans aura lieu entre deux îles jumelles peuplées de 100 naufragés, l'île du Capitalisme Libéral (avec une monnaie saine) et l'île du Planisme Bureaucratique (avec une banque centrale).

Ces deux îles complètement isolées du monde extérieur ont une économie qui repose entièrement sur la pêche, la seule vraie ressource de cet environnement hostile.

Elles vont se livrer sous nos yeux à un match fair-play, mais sans concession.

"Rien n'a été plus nuisible à la cause libérale que la récurrence presque régulière de hausses fiévreuses et d'effondrements dramatiques de marchés baissiers suivis de morosités prolongées.
L'opinion publique s'est convaincue finalement que ce genre d'événements est inévitable dans une économie de marché non entravée. Les gens n'ont pu concevoir que ce dont ils se plaignaient était la conséquence inéluctable de politiques tendant à abaisser le taux de l'intérêt au moyen d'une expansion du crédit. Ils se sont obstinés dans ces politiques, essayant vainement de combattre leurs conséquences indésirées en accumulant les immixtions gouvernementales."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

Le penseur de Rodin

Capitalisme libéral ou Dettalisme interventionniste ?

pompom girl

Le match du siecle :


Capitalisme liberal
(avec une monnaie saine)

versus

Planisme Bureaucratique
(avec une banque centrale)

pompom girl

Deux equipes, deux modeles

Ile du Planisme Bureaucratique (avec banque centrale)

Du côté étatiste, l'équipe hyper-favorite : le modèle Planisme Bureaucratique. Il est plébiscité par tous les Etats, les banques centrales, les grandes banques privées et une très grande partie de la classe politique. C'est un public très bruyant, voire agressif puisqu'il est gavé d'argent facile sorti de nul part. Le crédit est planifié par la banque centrale (et une poignée de grands génies du crédit). Les grandes banques croulent sous les réglementations mais n'ont plus le garde fou principal : la faillite. Ce modèle se base sur

billets de monopoly

Monnaie Fiduciaire

Ile du Capitalisme libéral (avec une monnaie saine)

Du côté libéral, l'outsider : la belle et grande équipe "Capitalisme libéral" s'attaque de front aux pouvoirs des étatistes, des grandes banques et du capitalisme de connivence.

Autant dire que ce genre de positionnement ne plaît pas du tout au sein de FFF (Fédération Financière de Faux-monnayeurs) et de ses groupes de supporters.

L'équipe "Capitalisme libéral" prône une monnaie saine (l'or ou une autre marchandise rare), l'interdiction de la réserve fractionnaire (ou éventuellement la banque libre) et l'absence d'une banque centrale fixant les taux.

pièces d'or

Monnaie Saine

Les deux adversaires partent naturellement sur un pied d'égalité, une économie basée sur la pêche occupant les 100 naufragés de chaque île.

Pour faire fonctionner l'économie de chaque île, les naufragés de chaque équipe exercent leurs talents dans cinq métiers distincts.

Il y a d'abord 30 pêcheurs qui, donc, pèchent des poissons souvent avec seulement des épuisettes.

Il y a 30 cuisiniers qui préparent, écaillent, vident et grillent les poissons pour les 100 naufragés.

Il y a 30 bricoleurs qui construisent et entretiennent le matériel des pêcheurs (les épuisettes ou les petits bateaux à voile).

Il y a 5 fonctionnaires chargés de faire fonctionner l'Etat et enfin il y a 5 banquiers.

Tout ce beau monde doit consommer au minimum 1 kg de poisson grillé par jour. La production actuelle est supérieure à cette consommation minimale. Elle est de 1,2 kg par jour.

timbre poste du mali, des pêcheurs pêchent au filet

Round 1

Ile du Planisme Bureaucratique

Du côté "Planisme Bureaucratique", c'est un départ en fanfare selon une stratégie habituelle : les banques privées inondent le marché de monnaie créée ex-nihilo, banques privées soutenues par la banque centrale qui fixe des taux artificiellement bas.

C'est l'euphorie ! Avec toute cette monnaie inondant l'économie, tout le monde nage dans la prospérité !

Les consommateurs consomment davantage.

Les investisseurs, se basant sur les taux d'intérêt artificiellement bas et la monnaie créée ex-nihilo par les banques, investissent dans des biens de capitaux éloignés temporellement de la production de biens de consommation.
En l'occurrence, ils décident donc d'investir dans la construction de petits bateaux de pêche plus performants que les ridicules épuisettes utilisées actuellement.

C'est donc un bonheur général, sauf pour les vrais épargnants qui sont volés par les taux artificiellement bas.

Mais bon, sur l'île du Planisme Bureaucratique, les épargnants sont des mauvais citoyens qui ne consomment pas... Et il est légitime de ne pas tenir compte de l'avis et des droits de propriété des mauvais citoyens, sinon quel intérêt d'être un bon citoyen ?

Picsou surfant sur une vague d'argent

"La popularité de l'inflation et de l'expansion de crédit, source originelle des tentatives répétées pour rendre les gens prospères en poussant le crédit, et donc raison profonde des fluctuations cycliques de l'économie, se manifeste clairement dans la terminologie courante. Pendant le boom on dit que les affaires sont bonnes, on parle de prospérité, d'essor.

La suite inévitable, qui est un réajustement aux exigences des données réelles du marché, est appelée crise, marasme, mauvaises affaires, dépression."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

Ile du Capitalisme libéral

Côté Capitalisme libéral, le début de match est beaucoup plus sobre.
La monnaie ne peut être créée ex-nihilo. Le crédit ne peut donc venir que de l'épargne réelle effectuée par les naufragés.

De l'épargne réelle, cela veut dire de la consommation en moins.
Un taux d'intérêt se forme donc sur le marché libre qui reflète le niveau d'épargne disponible.

En l'occurrence les naufragés sont plutôt d'humeur écureuil, ils réduisent leur consommation de poisson grillé à 1 kg par jour pour prêter leur argent non dépensé à des investisseurs.

Et les investisseurs s'appuyant sur les taux reflétant réellement l'épargne disponible décident d'investir dans de nouveaux biens de capitaux.

L'abondance d'épargne permet aux investisseurs (en l'occurrence les pêcheurs) d'investir dans des biens de capitaux plus éloignés temporellement des biens de consommations : les bateaux plutôt que les épuisettes.

un petit bateau de pêcheur en construction

"Une plus grande expansion de la production n'est possible que si les capitaux matériels existants sont accrus par un supplément d'épargne, c'est-à-dire par des excédents de la production sur la consommation"

Ludwig Von Mises - Action Humaine

"La disparité des profits incite les entrepreneurs à réduire leurs investissements dans les étapes proches de la consommation pour diriger ces ressources vers des étapes qui offriront des profits relativement supérieurs, et qui sont dans ces circonstances les étapes plus éloignées des biens de consommation."

Hernando de Soto - Money, Bank Credit and Economic Cycle

Round 2

Ile du Planisme Bureaucratique

L'envolée est toujours aussi fantastique pour l'équipe "Planisme Bureaucratique", quel bon début de match !!

En créant de la monnaie ex-nihilo, les banques n'ont bien sûr pas créé de nouveaux "vrais" biens de capitaux, elles ont seulement imprimé des nouveaux billets.

Il y a donc une quantité plus importante de billets pour une même quantité de biens de capitaux à acheter.
C'est formidable pour les créateurs de biens de capitaux (les bricoleurs), les prix augmentent de plus en plus, tout le monde semble s'enrichir.

De plus la popu lation n'est pas à l'origine de cette nouvelle masse de monnaie disponible pour l'investissement.
Si elle n'a pas épargné, cela veut dire que personne n'a baissé sa consommation.

C'est magique, on peut à la fois consommer et investir !

Pas étonnant que ce soit l'euphorie générale, l'île "Planisme Bureaucratique" a l'impression d'être dans une bulle qui monte, qui monte sans effort particulier.

Vive la politique Planisme Bureaucratique !

Vive la banque centrale !

Vive le directeur de la banque centrale !

une grosse et fragile bulle de savon

"Maintenant que se produit-il lorsqu'une banque imprime de l’argent supplémentaire (que ce soit sous forme de billets ou directement sur le compte courant) et le prête aux entreprises ?
Le nouvel argent inonde le marché des prêts, baisse le taux d’intérêt. On pourrait croire que l’offre d’épargne pour l’investissement a augmenté car l’effet est le même : l’offre de fonds pour l’investissement augmente apparemment, les taux d’intérêt baissent.

Les investisseurs, en résumé, sont trompés par l’inflation bancaire qui les incite à croire qu’il y a plus d’épargne qu’en réalité."

Murray Rothbard - American Great Depression

"La marque caractéristique de l'expansion de crédit est que de tels suppléments de capitaux matériels n'ont pas été créés. Les capitaux matériels requis pour une expansion des activités économiques doivent être soustraits à d'autres branches de production."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

Ile du Capitalisme libéral

Côté Capitalisme Libéral, on sent une équipe un peu coincée sur des principes totalement obsolètes : il faut épargner pour investir.

En diminuant leur consommation, les naufragés de l'île ont fait diminuer les profits des productions de biens finaux : les cuisiniers.

Certains sont même au bord la faillite et vont sans doute devoir changer de métier.. Pareil pour les bricoleurs qui fabriquent des épuisettes.

Bon ça tombe bien on recrute du côté de ceux qui fabriquent les biens de capitaux éloignés temporellement de la production de biens de consommation, les bricoleurs de bateaux à voile.

Tout cela est loin d'être catastrophique bien sûr, mais sans présager de la fin du match, on voit bien les tares du laissez-faire et de la monnaie saine.

Une économie certes pas en crise, mais avec une croissance franchement terne par rapport à l'euphorie de l'île Planisme Bureaucratique.

Sans compter les douloureux changements d'activité pour certains cuisiniers et pour les bricoleurs d'épuisette.

un panneau de signalisation, en travaux

"Les entrepreneurs prennent les fonds [prêtés] et augmentent le prix des biens de capitaux ce qui stimule un glissement des investissements proches des biens de consommations vers les investissements éloignés des biens de consommations."

Murray Rothbard - American Great Depression

Round 3

Ile du Planisme Bureaucratique

Aïe Aïe Aïe, des petites difficultés se présentent sur l'île Planisme Bureaucratique.
Comme la consommation n'a pas diminué, mais que dans le même temps des ressources sont captées par les investisseurs trompés par la "fausse" épargne, les prix des biens de consommation commencent à augmenter.
Deux camps tirent les mêmes ressources dans deux directions différentes :

Sous la pression des investisseurs, des bricoleurs qui auparavant entretenaient les épuisettes -proches des biens de consommation- ont donc commencé à travailler sur les bateaux à voile, négligeant donc l'entretien des épuisettes. Epuisettes pourtant toujours aussi sollicitées puisque les consommateurs consomment toujours autant.
La bulle s'enfle de plus belle puisque les prix continuent de flamber (en particulier sur les bateaux à voile) mais quelques uns commencent à avoir des doutes : Est-ce que leur patrimoine augmente réellement ? Est-ce que leur pouvoir d'achat augmente réellement ?
Les seuls finalement qui s'y retrouvent (très très) bien, ce sont les banquiers qui gagnent de l'argent sur de la fausse épargne.
Ce secteur peut donc s'offrir le luxe de surpayer ses salariés à coups de bonus mirobolants. Bonus qui attirent des bricoleurs, des pêcheurs et des cuisiniers abandonnant leur métier pour travailler dans la banque. Il s'agit souvent de très bons éléments dont le travail manque par ailleurs au secteur de la pêche ou du bricolage.

une grosse bulle de savon très instable

"En résumé, les entrepreneurs sont trompés par l’inflation du crédit bancaire et investissent trop dans les biens de capitaux [éloignés des biens de consommation], investissements qui ne peuvent être réellement soutenus que par l’abaissement réelle de la préférence temporelle et une augmentation de l’épargne.."

Murray Rothbard - American Great Depression

"Dès que l'afflux de moyens fiduciaires s'arrête, le château de cartes de l'essor artificiel s'affaisse. Les entrepreneurs doivent réduire leurs activités parce que les fonds leur manquent pour continuer à une échelle exagérée. Les prix baissent brusquement parce que les firmes en détresse essayent d'obtenir de l'argent liquide en jetant leurs stocks sur le marché à des prix dérisoires.
Des fabriques sont fermées, la construction de bâtiments est arrêtée avant achèvement, des travailleurs sont licenciés."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

Ile du Capitalisme libéral

L'île du Capitalisme libéral continue son petit bonhomme de chemin..

Comme l'épargne est réelle, cela signifie que les naufragés ont réellement diminué leur consommation, donc ils ont réellement libéré des ressources pour les investisseurs en biens de capitaux.

Des cuisiniers ou des bricoleurs d'épuisettes vont donc naturellement chercher du travail dans la construction de petits voiliers.

Leur travail ne manque pas à la production de biens de consommation puisque cette dernière a diminué, on a donc moins besoin d'épuisettes ou de poissons grillés.

Quant au secteur bancaire, il ne peut gagner de l'argent que sur de l'épargne réellement disponible, ses profits ne sont pas sur-gonflés par rapport aux autres secteurs, et il ne draine pas des pêcheurs, bricoleurs ou cuisiniers de manière artificielle.

Bref, sans bling bling keynésien, l'économie de l'île Capitalisme libéral se prépare doucement mais sûrement à une nouvelle accumulation de capital : les petits voiliers.

Nouvelle accumulation de capital qui va multiplier la capacité productive de l'île donc le pouvoir d'achat des naufragés à quantité de travail équivalente.

"Du capital additionnel ne peut être accumulé que par de l'épargne, c'est-à-dire par un excédent de la production sur la consommation. Epargner peut consister à restreindre la consommation. Mais cela peut se faire aussi sans diminution de la consommation et sans augmentation de l'apport en capitaux matériels, grâce à un accroissement de la production nette. Un tel accroissement peut apparaître de plusieurs manières :

  • 1. Les conditions naturelles peuvent être devenues plus propices. Les récoltes sont plus abondantes. Les gens ont accès à des terres plus fertiles, ont découvert des mines rapportant davantage par unité d'apport. Des cataclysmes et catastrophes qui avaient en plusieurs circonstances privé l'effort humain de ses fruits sont devenus moins fréquents ; les épidémies et épizooties ont reculé ;
  • 2. Des gens ont réussi à rendre certains procédés de production plus fructueux sans investir davantage de capitaux dans la production ni allonger la période de production ;
  • 3. Les obstacles institutionnels perturbent moins souvent les activités de production. Les pertes causées par les guerres, révolutions, grèves, sabotages et autres délits se sont raréfiées."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

gravure, un voilier sur la mer

"Le 10 octobre, le bateau fut lancé à la mer. Pencroff était radieux. L’opération réussit parfaitement. L’embarcation, toute gréée, ayant été poussée sur des rouleaux à la lisière du rivage, fut prise par la mer montante et flotta aux applaudissements des colons, et particulièrement de Pencroff, qui ne montra aucune modestie en cette occasion. D’ailleurs, sa vanité devait survivre à l’achèvement du bateau, puisque, après l’avoir construit.." L'île mystérieuse - Jules Verne

Round 4

Ile du Planisme Bureaucratique

Sur l'île du Planisme Bureaucratique, c'est un peu la catastrophe.
Les investisseurs constatent que les prix des biens de consommation augmentent beaucoup et que les bonnes affaires ne sont peut être pas dans les biens de capitaux éloignés temporellement des biens de consommation, mais plutôt dans ceux qui peuvent servir le grand public rapidement... les épuisettes par exemple.

Et s'ils s'étaient trompés ? Et si les monstrueux investissements effectués dans les bateaux à voile -dont les prix grimpaient en permanence- étaient des mal-investissements ?

Ce qui doit arriver arrive : c'est la crise. Tout le monde réalise que les investissements en biens de capitaux éloignés temporellement des biens de consommation n'ont jamais été soutenus par les épargnants. Le prix des bateaux à voile chute brutalement, ruinant massivement les pêcheurs qui s'étaient endettés auprès des banques.

Des demi-bateaux à voile, jonchent la plage. C'est un gâchis énorme de ressources.

Mais la série noire ne s'arrête pas là. De nombreux bricoleurs attirés par les gros salaires dans la construction de bateaux à voile n'ont pas travaillé sur l'entretien des épuisettes. Epuisettes pourtant indispensables à la pêche en l'absence de bateaux. Les épuisettes cassent, diminuant la production de biens de consommation (les poissons grillés) et augmentant leur prix.

Toute l'économie est destabilisée, les bricoleurs de bateaux à voile se retrouvent au chômage brutalement.

Du côté des banques, cela tangue aussi sévèrement : beaucoup de pêcheurs sont ruinés et ne peuvent plus rembourser les prêts.

Mais bon, les banques hurlent à la mort, si elles font faillite, qui va donner le (faux) crédit (pas du tout) indispensable au fonctionnement de l'économie ?

Cet argument de choc convainc les étatistes qui soutiennent massivement les banques (augmentant les prélèvements ou la dette sur les bricoleurs, les cuisiniers et les pêcheurs).

Chômage, baisse du pouvoir d'achat, injustice, gaspillage... L'ultra-néo-étatisme sauvage fait décidément des ravages dans la vie des pauvres gens, mais bon c'est de l'étatisme, pas du méchant libéralisme, alors ça va.

Le journal des finances qui titre : La crise mondial

".../... l’expansion du crédit distort les investissements en dirigeant trop les ressources disponibles vers les biens de capitaux éloignés des biens de consommation et laissant trop peu de biens de capitaux pour la production rapide de biens de consommation."

Murray Rothbard - American Great Depression

"Ce mouvement de hausse ne pourra toutefois pas continuer indéfiniment. Les moyens matériels de production et la main-d'œuvre disponible n'ont pas augmenté ; seule a été accrue la quantité des moyens fiduciaires susceptibles de jouer le même rôle que l'argent dans la circulation des biens.

Les moyens de production et la main-d'œuvre qui ont afflué aux nouvelles entreprises ont dû par conséquent être prélevés sur d'autres entreprises. La société n'est pas suffisamment riche pour subvenir à la création de nouvelles entreprises sans rien prendre à d'autres entreprises."

Ludwig Von Mises - La Théorie dite autrichienne du cycle économique

"Quelle que soit la situation, il est certain qu'aucune manipulation de la part des banques ne peut fournir au système économique des capitaux matériels. Ce qu'il faut pour une expansion saine de la production, ce sont des capitaux matériels en plus grande quantité, non pas de la monnaie ou des moyens fiduciaires. L'essor accéléré fondé sur de l'expansion de crédit est bâti sur le sable des billets de banque et comptes de dépôt. Il doit s'effondrer."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

Ile du Capitalisme libéral

Les nouveaux biens de capitaux (les petits bateaux à voile) entrent en production et augmentent la productivité des pêcheurs.

Il y a donc maintenant davantage de poissons grillés avec moins de travail, travail qui peut être affecté à d'autres taches.

Grâce au sacrifice temporaire de l'épargne, les naufragés peuvent désormais consommer plus de poissons à un prix moindre.

Le niveau de vie général de l'île du Capitalisme Libéral s'élève sûrement.

Le tout avec bien sûr des adaptions et des changements, mais sans cassure et sans gâchis.

Le secteur financier est lui resté à une taille raisonnable, ne phagocytant pas le reste de l'économie.

Et bien sûr, à aucun moment le droit de propriété des individus n’a été violé. Ils ont librement choisi d'épargner ou de consommer. Et leur propriété n'a pas été attaquée par la dilution de la monnaie.

C'est une victoire superbe de l'île du capitalisme libéral sur l'île du Planisme bureaucratique.

La victoire :

Devant une victoire de la liberté sur la coercition, des larmes de bonheur coulent sur mon clavier .

Hé oui, on peut être libéral et un vrai homme moderne du XXI ème siècle avec des émotions à fleur de peau.

Plic Plic.

A l’étape finale -l’étape produisant des biens de consommation- une augmentation de l’épargne génère une baisse de consommation (en terme monétaire). Mais l’allongement temporel de la structure de production est suivi par une augmentation substantielle (en terme de quantité et de qualité) dans la production de biens et de services…/…

Au final cette baisse de la consommation rend possible une augmentation significative des salaires réels en même temps qu’une augmentation générale des revenus des propriétaires des moyens de production.

Hernando de Soto - Money, Bank Credit and Economic Cycle

couverture de l'album astérix au jeux olympiques

Round 5

Ile du Planisme Bureaucratique

Pendant que l'équipe "Capitalisme libéral" rendre au vestiaire, auréolée par une victoire glorieuse, l'île du Planisme Bureaucratique joue une troisième mi-temps toute seule pour tenter de se rattraper.

A ce niveau, il y a deux solutions : une bonne et une mauvaise.

La bonne est de reconnaître que les mal-investissements sont des malinvestissements. Que le gâchis est déjà fait. Que la meilleure chose à faire est de laisser les naufragés liquider ces investissements, puis les laisser utiliser les ressources librement pour rétablir la situation.

Il y a aura de la casse bien sûr, mais le problème ne se situe pas dans la crise, il se situait dans la bulle qui a eu lieu auparavant.
La crise est d'une certaine manière le remède à la maladie que constituait la bulle. Un remède amer certes, mais un remède.

La mauvaise solution est de considérer que le problème c'est la crise et que la bulle était la situation optimale, un paradis perdu.

L'économie de l'île du Planisme Bureaucratique est complètement bourrée, ivre à cause du faux crédit, à quatre pattes en train de vomir dans le caniveau et le seul "remède" des régulateurs bureaucratiques est de lui donner des nouvelles rasades de Vodka pour la faire tenir encore debout.
Ca ne va pas marcher... ça ne marche pas pour les overdoses d'alcool, ça ne marche pas pour les overdoses de faux crédit.
Les seuls qui s'en tirent avec ce "remède" sont les vendeurs de vodka (les grandes banques) et leur fournisseur (les Etats & banques centrales).
Ce qui aurait pu être une crise brève et salvatrice se transforme en marécage interminable. La troisième mi-temps se prolonge donc vers une quatrième, une cinquième, puis une sixième mi-temps. Y faudrait une bonne guerre ou une révolution violente pour résoudre cette crise. Des volontaires ?
Mais bon l'île du Planisme Bureaucratique est protégée contre le capitalisme libéral et le laissez faire. On ne peut pas tout avoir...

affiche gouvernementale : La relance est en marche dans votre département

"Un petit commerçant ou un aubergiste peut aisément tomber dans l'illusion que tout ce qu'il faut pour que ses confrères et lui-même soient plus prospères, c'est que le public dépense davantage. A ses yeux, l'important est de pousser les gens à dépenser plus.

Mais il est effarant qu'une telle croyance puisse être présentée au monde comme une nouvelle philosophie sociale. Lord Keynes et ses disciples imputent au manque de propension à dépenser ce qu'ils jugent insatisfaisant dans la situation économique. Ce qui est nécessaire, à leur avis, pour rendre les gens plus prospères, ce n'est pas une augmentation de production, mais une augmentation de dépense. Afin que les gens puissent dépenser davantage, on recommande une politique « expansionniste ».

Cette thèse est aussi ancienne qu'elle est mauvaise."

Ludwig Von Mises - Action Humaine


Hayek contre Keynes - VOSTfr par Liberte_Cherie

une affiche pour les alcooliques anonymes polonais

Le boom est en réalité une période d’investissements gaspillés. C’est le moment où les erreurs sont commises à cause de la déformation du marché libre du crédit par les banques. La crise se produit lorsque les consommateurs tentent de rétablir les proportions désirées. La dépression est en fait le processus par lequel l’économie liquide les erreurs du boom et rétablit une structure de production conforme aux souhaits des consommateurs.

Murray Rothbard - American Great Depression

"Nous avons déjà indiqué dans quelle perspective il nous est possible d'appeler progrès économique une amélioration de la qualité et une augmentation de la quantité des produits. Si nous appliquons ce critère aux phases des fluctuations cycliques des affaires, nous devons dire que le boom est un recul et la dépression un progrès. L'emballement gaspille par de faux investissements des facteurs de production rares et réduit le stock disponible par la surconsommation ; ses prétendus avantages sont payés d'un appauvrissement. La dépression, au contraire, est le retour à un état des affaires où tous les facteurs de production sont employés au mieux de la satisfaction des besoins les plus urgents des consommateurs."

Ludwig Von Mises - Action Humaine

"Si le gouvernent souhaite que la dépression se termine rapidement et que l’économie retourne à la normale, quelle politique doit-il appliquer ?
La première et la plus claire injonction est : « Pas d’interférence avec le processus d’ajustement du marché ». Plus le gouvernement intervient et retarde l’ajustement inévitable, plus longue et cruelle sera la crise, et plus difficile sera la route vers la croissance.
Les interventions du gouvernement aggravent et allongent la durée de la dépression."

Murray Rothbard - American Great Depression

"De nombreuses entreprises ou affaires qui avaient été lancées à la faveur de la baisse artificielle du taux de l'intérêt, et qui avaient pu être maintenues grâce à la hausse également artificielle des prix, apparaissent dès lors comme n'étant plus « rentables ». Certaines entreprises réduisent leur exploitation : d'autres l'arrêtent ou font faillite. Les prix s'effondrent ; la crise et la dépression qui la prolonge sont l'aboutissement de la période d'investissements injustifiés amenée par l'extension du crédit."

Ludwig Von Mises - La Théorie dite autrichienne du cycle économique

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