Magrite La condition humaine

Le libéralisme pour les débutants

Le libéralisme expliqué aux débutants

Les libéraux défendent la transparence..

Introduction

Il y a des petits paradoxes.
Il y a des gros paradoxes.
Il y a des énormes paradoxes. Et enfin, il y a la réputation très libérale de la monnaie et des banques.

La monnaie facilite les échanges, donc la division du travail, donc la prospérité.

Et comme les échanges économiques sont d'abord défendus par les libéraux, on aurait pu penser que la monnaie, comme les planètes orbitant autour d'elle -le crédit, les banques, les taux d'intérêts- seraient régies par des principes libéraux et leur déclinaison en droit.

Hé bien pas du tout. C'est même le contraire.

S'il y a un domaine économique où l'interventionnisme, la planification, les violations massives des droits à la propriété règnent en maître, c'est la production de monnaie, le crédit et une législation favorisant indûment les entreprises de ce secteur d'activité : les banques.

Ces multiples entorses à la liberté, la propriété et à l'égalité devant la loi, en plus d'être immorales d'un point de vue libéral, sont particulièrement destructrices de prospérité.

En temps normal, cela consiste en un transfert massif de richesse des classes moyennes et des pauvres au profit de l'Etat et des grandes banques.

Et puis de temps en temps, il se produit les fameuses crises économiques, que les lecteurs de ce site ayant vécu 1929 ou 2008 connaissent bien.

"La monnaie est un enjeu moral, économique et politique. Puisque l'unité monétaire est utilisée dans chaque transaction des salaires aux prix en passant par les taxes et les taux d'intêrets, il est vital que son prix soit établi honnêtement sur le marché libre sans que les banquiers, gouvernements, politiciens le manipulent pour servir des intérêts particuliers."

Ron Paul ( Homme politique libéral américain.)

"Exigez l'ordre financier ou acceptez l'esclavage !"

Jacques Rueff

"Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu' il y aurait une révolution avant demain matin"

Henry Ford, industriel

"Quelque innombrables que soient les fléaux qui causent d'ordinaire la décadence des royaumes, des principautés et des républiques, les quatre suivantes sont néanmoins à mon sens les plus redoutables : la discorde, la mortalité, la stérilité de la terre et la dépréciation de la monnaie. Les trois premiers de ces fléaux sont si évidents que personne ne les ignore, mais le quatrième, concernant la monnaie, n'est admis que par peu de gens, par les esprits les plus ouverts, car il ne ruine pas les Etats de façon violente et d'un seul coup, mais peu à peu et d'une manière presque insensible."

Nicolas Copernic (1526)

faille de San Andreas

La monnaie c'est un peu comme la tectonique des plaques.

Ce sont des mouvements souterrains, invisibles et dont les effets s'étalent sur de longues périodes (enfin pour la tectonique des monnaies c'est seulement une dizaine d'années pas des milliers...)

Cela façonne le paysage économique et social de façon déterminante mais sans que ce soit la préoccupation quotidienne de beaucoup de personnes.

Et puis il se produit cycliquement des tremblements de terre dévastateurs.

Mais la comparaison s'arrête là.

La tectonique des plaques n'est pas une fatalité en politique monétaire.

L'existence de plaques rigides aux frictions destructrices, ce n'est pas la faute à pas de chance. A la place des plaques de roches dures, il devrait y avoir de la bonne terre meuble dont les contours s'adaptent en permanence et progressivement aux changements d'objectifs de millions de personnes libres.

A la place d'une poignée d'experts qui calculent une quantité optimale de monnaie et planifient pour des pays entiers l'évolution du stock de monnaie ou de crédit, il devrait y avoir des millions de personnes libres choisissant, dans un cadre législatif simple et juste.

A la place de banques assurées sans limite par l'Etat (donc par les contribuables) en cas de grosses bêtises- et disposant du privilège stupéfiant de créer de la monnaie ex-nihilo (sous forme de crédit), il devrait y avoir des banques libres en vraie concurrence entre elles et soumises aux mêmes contraintes que les autres entreprises privées.

Les géologues libéraux de l'Ecole Autrichienne sont malheureusement bien seuls pour défendre une écorce monétaire apaisée, on trouve plutôt des savants fous qui à coups de dynamites ou de bombes à fusion lente tentent encore et encore construire un paysage économique parfait.

Ca ne marche jamais mais bon, reste pour eux le sentiment de la puissance de contrôler les détonateurs. Tant pis pour personnes les libres qui entreprennent sur ces terrains minés et incertains.

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Les gentils et les méchants

Cette situation désastreuse est le résultat d'une guerre idéologique entre ceux que nous appellerons, au risque de perdre un chouia de crédibilité scientifique, les gentils et les méchants.

Les gentils sont en faveur d'une monnaie saine, c'est-à-dire non diluée selon le bon vouloir d'un monarque ou d'un Etat. Ils refusent aussi que les banques puissent créer de la monnaie ex-nihilo sous forme de crédit tout en étant de surcroît protégées par le parapluie de la banque centrale. Ils défendent donc une monnaie libre -ou basée sur l'or- et des banques libres -ou contraintes d'avoir 100% de réserve-.

Les méchants défendent une monnaie diluée à leur profit. Qu'ils soient Etatistes ou Banquiers, les méchants veulent pouvoir s'accaparer discrètement une partie de la richesse créée par la veuve, l'orphelin ou l'entrepreneur courageux. C'est leur côté méchant. Ils sont épaulés par des faux gentils, des économistes modélisant la société en trois équations et prétendant planifier la quantité de monnaie optimale grâce à leurs géniales intuitions.

A la Renaissance, les gentils se sont d'abord opposés aux monarques qui diminuaient la quantité de métal précieux dans les pièces.

Au XIX ème, les gentils se sont opposés aux partisans des banques privés émettant du crédit sortant de nulle part avec la complicité de la banque centrale.

Malheureusement, le XX ème siècle a été une longue descente aux enfers d'un point de vue monétaire, entrecoupée par des méchants coups fourches -des crises économiques violentes-.

Mais comme dirait un conservateur qui avait oublié d'être bête : "Les gentils ont perdu une (des) batailles. Ils n'ont pas perdu la guerre".

"De plus la découverte graduelle par les autorités de l'immense pouvoir des banques à créer de l'argent explique pourquoi, dans la plupart des cas, les gouvernements se sont rendus complices des fraudes bancaires, accordant des privilèges aux banquiers, en échange d'une partie directe ou indirecte de leur énormes profits."

Huerta de Soto
- Money, Bank Credit and Economic Cycles

"Ce n'est qu'une question de temps. L'Amérique du Nord et l'Europe atteindront également un point de non-retour, car leurs économies reposent sur une monnaie forcée. Ce jour là, il n'y aura plus personne pour poursuivre le triste jeu alternant endettement et inflation.

L'économie occidentale sera soit complètement sous l'emprise de l'État, comme cela fut le cas sous le national-socialisme, soit ce sera l'hyperinflation. Ce moment-là n'est peut-être éloigné que de quelques années, peut-être de quelques décennies. Il peut être repoussé dans le temps par une union monétaire entre le dollar et l'euro (et le yen ?).

Mais cela ne change rien, à la fin du parcours, c'est soit le socialisme, soit l'hyperinflation. Seules des réformes radicales en faveur du marché peuvent nous sauver - dans les termes de Rothbard : retour à une monnaie marchandise comme l'or sur un marché monétaire libre et retrait total de l'État du système monétaire."

J.G. Hulsmann
Epilogue de - Etat, qu'as-tu fait de notre monnaie ?

Le bon, la brute et le truand

En matière de monnaie et de banques, le duel au somment n'est pas un duel mais un tri-el.

Sur une musique lancinante, on peut distinguer deux cow-boys libéraux et un cow-boy interventionniste.

Le bon. Libéral. L'école autrichienne bien sûr. (Rothbard, Hayek, Mises). Pour elle, la monnaie est une marchandise ayant émergée spontanément. Les personnes libres sont les seules capables de produire et de maintenir une monnaie saine -qui se trouve être souvent basée sur l'or-. Les banques centrales, leur planche à billet et le rôle de prêteur en dernier ressort étant des machines à bulles et à crash économiques.

La brute. Libéral. L'école de Chicago. (Milton Friedman).
Les monétaristes défendent une augmentation de la masse monétaire limitée mais bâtissent leurs théories sur les mêmes fondations théoriques (bancales) que les Keynésiens et font confiance à une banque centrale pour être sage avec la planche à billet et avec les taux d'intérêts. Ils sont gentils, les monétaristes. Pas vraiment des brutes finalement, plutôt des bisounours.

Le Truand. Etatiste. Ecole Keynésienne. (Keynes). Brillant, excentrique, élitiste, homosexuel, Keynes avait déjà tout pour séduire l'intelligentsia et choquer les bourgeois. Malheureusement pour la prospérité, il a aussi fait des traités d'économie. Avec des gros agrégats bien gras et des vieux concepts mal réchauffés, il a démontré que les bourgeois économes, en plus d'être des ploucs coincés, étaient des nuisances pour la prospérité. Et que le meilleur moyen de faire fondre les économies de ces épargnants avares, c'était la planche à billet confiée à l'intuition et au bon vouloir des Etatistes.

Très curieusement, le keynésianisme a tout de suite eu beaucoup de succès chez les étatistes.
Pour l'instant c'est surtout la brute et le truand qui échangent des coups de feu. Le bon, qui a le soleil médiatique contre lui, économise ses munitions. La crise de 2008, 2009 pourrait bien être le gros nuage permettant enfin d'ajuster ses tirs.

OuiiiinIiiiinnnIiinnnnIiiiiinnnn ting tititing.

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Mutant sanguinaire turbo-libéral Mutant sanguinaire turbo-libéral